Et vous ? Que feriez-vous si des Titans venaient pour vous dévorer ?

L’Attaque des Titans adapté par le studio Wit Studio Production I.G.

ou quand on découvre une pépite après tout le monde

Autant dire tout de suite que je ne m’attendais pas du tout à trouver la série aussi prenante. Je l’ai découverte par hasard et par la force des choses, comme on dit.

Un dimanche pluvieux de décembre, plutôt que de sortir, j’ai profité de mon abonnement vidéo pour faire le tour du catalogue. Après Ghost in the Shell, j’ai eu envie d’aller faire un tour du côté des animés et je suis tombée sur L’Attaque des Titans. On m’en avait parlé en 2013, mais j’avais eu des retours mitigés. Depuis de l’eau a coulé sous les ponts (ou plutôt du sang avec Game of Thrones), et j’ai décidé de passer outre les avis négatifs.

Le début est déstabilisant parce que beaucoup de personnages principaux meurent d’un coup, notamment des personnages qui semblaient fait pour durer. D’autres restent en vie alors qu’on se serait dit qu’ils auraient été les premiers à mourir. Y compris parmi les protagonistes. Ce que j’ai bien aimé, c’est le fait d’avoir une intrigue construite. Pas de surenchère du cliffhänger pour rien. Les principes moraux sont mis à rude épreuve et dans ce monde à mi-chemin entre l’anticipation et la dark fantasy, on suit les personnages tout en se posant des questions sur ses propres choix si on avait été dans la même situation. La situation est très bien vue du point de vue humain faible à des colosses mangeurs d’humains.

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Série Kanji et Kana n°1 : Apprentissage du japonais

Semaine 1 : apprentissage des Kanas

2018 est l’année de beaucoup de changements. Ma première résolution est de m’investir davantage dans l’équipe du forum Allfanarts (notamment en étant Community Manager). La deuxième est de redonner vie à ce blog. La troisième est de (re)commencer sérieusement le japonais.

Samedi dernier, j’ai sauté le pas en ouvrant la porte de la librairie japonais Jukundo pour racheter une édition plus récente de la technique d’apprentissage Minna no Nihongo. Le Japon fait partie des pays que je veux absolument visiter une voire plusieurs fois. Et ce n’est pas forcément Tokyo qui m’intéresse le plus, mais tout ce qui est Kyoto et la baie d’Osaka. Autant dire que dans ces régions, l’anglais n’est plus d’une grande aide !

Si ça vous intéresse, je vous propose de suivre mon périple dans l’apprentissage de cette langue. Et pourquoi pas me donner des conseils si vous êtes pratiquant ^^ ?

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#VisiteUnMusée avec l’Expo « L’art du Pastel » au Petit Palais de Paris #expoPastels

Le pastel, on le connaît surtout pour les Crayolas de notre enfance. Des Pastels gras, pas faciles à manipuler pour qui ne sait pas les utiliser. En grandissant on se rend compte que c’est un medium très pratique pour les croquis rapides. Utilisés comme tels par les peintres et autres dessinateurs pendant des siècles, l’exposition « L’art du Pastel de Degas à Redon » du Petit Palais nous donne l’occasion de découvrir le pastel autrement.

Si vous cherchez à être surpris, c’est vraiment l’expo à aller en ce moment sur Paris. Le Petit Palais nous fait découvrir une collection de 200 pastel, avec des thèmes beaucoup plus variés que de simples portraits ou esquisses. On y retrouve tous les principaux courants artistiques du XIXe siècle.

La plupart sont de véritables trompe-l’œil : de loin, on dirait des peintures à l’huile. C’est impressionnant. Il faut s’approcher des toiles pour voir que ce qu’on voyait comme une pluie d’or n’était en fait qu’un jeu de couleurs hachurées…

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Blame! adapté par Netflix

Blame! adapté par Hiroyuki Seshita (sur Netflix)

ou la petite surprise de début 2018 qui se regarde bien

C’est la première fois que je m’attaque au catalogue de créations Netflix, et pas si déçue que ça ! Contrairement à beaucoup, j’ai découvert Blame! sur le tard. J’ai moyennement accroché au tome 1, mais j’ai tout de suite eu l’impression que ça pouvait devenir un truc qui irait très loin.

Je n’ai jamais continué le manga, et malgré tout j’ai décidé de regarder le film. C’est connu, une adaptation en animé ou film n’est pas souvent l’intrigue originale du manga. C’est même souvent l’occasion d’arpenter un scénario avorté ou secondaire. Comme un univers parallèle. Durant mon visionnage, j’ai bien senti qu’il ne s’agissait pas d’une adaptation propre : plus d’un « film basé sur » que d’un « film canon ». Le manga a l’air d’avoir un univers beaucoup trop riche pour tenir dans un format de moins de 2h.

Ca a été néanmoins une belle découverte, qui mérite le détour. Ne serait-ce que pour le travail visuel très original et déstabilisant.

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L’enfer de Zola est assourdissant mais vivant

L’Assommoir d’Émile Zola

ou le récit d’une longue et tragique descente aux Enfers

On ne peut pas lire L’Assommoir sans penser aux Misérables de Hugo. Qu’on l’ait lu ou pas, il y a quelque chose qui résonne entre ces deux œuvres. Les deux auteurs ont voulu par ces récits dénoncer ce qui se passait. Mais L’Assommoir est étonnamment très facile à lire. Peu de description, tout est sensoriel. C’en est même déstabilisant pour le lecteur habitué de Zola.

Mimant avec réalisme et style un sujet très sérieux, l’alcoolisme, Zola arrive à nous entraîner sur la route d’une longue descente aux Enfers. Plus on avance, plus elle est inéluctable. Il finit par se dessiner un petit théâtre de ville où les habitants regardent tous évoluer Gervaise sur la scène de la décadence. C’est d’autant plus tragique que Gervaise est présentée comme une innocente, victime des événements et des gens. Une victime avec du caractère et sa fierté qui vont l’emmener de tout en haut à plus bas que terre.

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Makoto Shinkai n’est pas Hayao Miyazaki

Your Name de Makoto Shinkai

ou l’exploit de l’adaptation d’une poésie élégiaque

La découverte de Makoto Shinkai au cinéma en 2016 a été une claque monumentale. Le film est entré dans ma vie à un moment où beaucoup de choses avaient changé pour moi. C’est un dimanche soir, sous une pluie battante d’été, dans un cinéma dont je n’avais pas vu les salles depuis la fin de la fac que j’ai été voir Your Name. Je ne m’attendais absolument pas à ce que j’y ai vécu. Autant le dire tout de suite : je déteste les comédies romantiques, film ou téléfilm, françaises ou internationales. Par contre, j’ai toujours été sensible à la patte artistique des japonais et notamment dans ce qu’on appelle la culture populaire.

Juste avant la séance, on nous diffuse de la jpop, la salle est quasi comble mais ce sont surtout des couples proche de la trentaine qui viennent. Je checke vite fait sur mon téléphone, et je vois beaucoup d’accroches type « le nouveau Miyazaki ». D’ailleurs, c’est le même slogan qu’on nous sert durant les bandes annonces. Puis vient le film et dès les premières minutes, on oublie cette comparaison.

Makoto Shinkai n’est pas Hayao Miyazaki. C’est désolant de voir que pour faire venir les japonophiles -notamment le public qui (a) regarde/é des animés, ils se sentent obligés de faire ce genre de promotion. D’autant que c’est un film qui peut plaire à d’autres types de spectateurs. Le film va bien plus loin que ces clivages. Il raconte une vie normale traversée par des événements paranormaux entourés de mystères, d’émotions et de poésie légère et piquant direct au cœur.

Pour le nouvel an, je me suis refait une projection privée de Your Name grâce à la sortie DVD. Maintenant que j’ai plus de distance émotionnelle avec le film, je me sens prête à vous en parler.

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Faut-il lire Guerre et Paix avant de le voir ?

Guerre et Paix, adapté en série par la BBC

ou l’adaptation parfaite pour les non lecteurs de Tolstoï ?

Pour fêter le passage de 2017 à 2018, France 2 nous a proposé de regarder la série Guerre et Paix, adaptée par la BBC. La chaîne anglaise est connue pour proposer des courtes séries littéraires de qualité, surtout issues de la culture anglo-saxonne (voir le top 25 des meilleures séries de la BBC sur Sens Critique), mais pas que. Depuis Sherlock, The Musketeers, Little Dorrit et Jane Eyre, je me suis rangée aux côtés de ceux qui voient les créations de la BBC comme un gage de qualité et de liberté d’interprétation mesurée. Je ne m’attendais donc pas à revoir une adaptation aussi léchée que la série téléfilm diffusée sur la même chaîne en 2007.

La BBC a apporté un regard neuf sur ce volumineux roman. Le ton est frais et l’ensemble est bien rythmé. On ne s’ennuie pas car les passages contemplatifs sont bien préparés et travaillés. L’ambiance y est même plus éthérée que dans Little Dorrit grâce à l’omniprésence des soies et la surabondance des richesses de la haute bourgeoisie russe. Le choix des lumières et des couleurs donne l’impression de voir quelque chose de naturel. L’immersion dans l’histoire est très rapide. Le jeu des acteurs est bien dosé, même s’il peut y avoir quelques flottements à de rares moments. La musique sait se faire discrète mais appuie bien les passages épiques.

Cette mini-série a été sympathique à regarder. Mais elle soulève un point que j’avais déjà remarqué à plusieurs reprises. Les personnages ne vieillissent pas, ou quasiment pas. Et c’est d’autant plus frappant quand on sait que l’actrice de Natacha est censée jouer une jeune fille d’environ 12 à 14 ans au tout début et qu’elle ne change absolument durant toute la série. Même quand elle est censée être changée. De même, le choix des passages philosophiques et leur adaptation est parfois brouillon.

L’adaptation de la BBC n’est pas la seule à subir cela. La Guerre et La Paix de Tolstoï se déroule sur 15 ans, il est normal dans ce cas d’arranger ou de tronquer si on veut garder les mêmes acteurs tout du long.

J’en viens à me demander si pour regarder un feuilleton ou un film Guerre et Paix, il ne faut pas lire le roman avant.

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