Makoto Shinkai n’est pas Hayao Miyazaki

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Your Name de Makoto Shinkai

ou l’exploit de l’adaptation d’une poésie élégiaque

La découverte de Makoto Shinkai au cinéma en 2016 a été une claque monumentale. Le film est entré dans ma vie à un moment où beaucoup de choses avaient changé pour moi. C’est un dimanche soir, sous une pluie battante d’été, dans un cinéma dont je n’avais pas vu les salles depuis la fin de la fac que j’ai été voir Your Name. Je ne m’attendais absolument pas à ce que j’y ai vécu. Autant le dire tout de suite : je déteste les comédies romantiques, film ou téléfilm, françaises ou internationales. Par contre, j’ai toujours été sensible à la patte artistique des japonais et notamment dans ce qu’on appelle la culture populaire.

Juste avant la séance, on nous diffuse de la jpop, la salle est quasi comble mais ce sont surtout des couples proche de la trentaine qui viennent. Je checke vite fait sur mon téléphone, et je vois beaucoup d’accroches type « le nouveau Miyazaki ». D’ailleurs, c’est le même slogan qu’on nous sert durant les bandes annonces. Puis vient le film et dès les premières minutes, on oublie cette comparaison.

Makoto Shinkai n’est pas Hayao Miyazaki. C’est désolant de voir que pour faire venir les japonophiles -notamment le public qui (a) regarde/é des animés, ils se sentent obligés de faire ce genre de promotion. D’autant que c’est un film qui peut plaire à d’autres types de spectateurs. Le film va bien plus loin que ces clivages. Il raconte une vie normale traversée par des événements paranormaux entourés de mystères, d’émotions et de poésie légère et piquant direct au cœur.

Pour le nouvel an, je me suis refait une projection privée de Your Name grâce à la sortie DVD. Maintenant que j’ai plus de distance émotionnelle avec le film, je me sens prête à vous en parler.