L’enfer de Zola est assourdissant mais vivant

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L’Assommoir d’Émile Zola

ou le récit d’une longue et tragique descente aux Enfers

On ne peut pas lire L’Assommoir sans penser aux Misérables de Hugo. Qu’on l’ait lu ou pas, il y a quelque chose qui résonne entre ces deux œuvres. Les deux auteurs ont voulu par ces récits dénoncer ce qui se passait. Mais L’Assommoir est étonnamment très facile à lire. Peu de description, tout est sensoriel. C’en est même déstabilisant pour le lecteur habitué de Zola.

Mimant avec réalisme et style un sujet très sérieux, l’alcoolisme, Zola arrive à nous entraîner sur la route d’une longue descente aux Enfers. Plus on avance, plus elle est inéluctable. Il finit par se dessiner un petit théâtre de ville où les habitants regardent tous évoluer Gervaise sur la scène de la décadence. C’est d’autant plus tragique que Gervaise est présentée comme une innocente, victime des événements et des gens. Une victime avec du caractère et sa fierté qui vont l’emmener de tout en haut à plus bas que terre.

Phèdre, coupable ou non coupable ?

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Phèdre de Racine

ou quand tout est une question d’interprétation

Phèdre, Phèdre, Phèdre. Ô Phèdre, comment tu nous en as fait bouffer. Même après la fac, tu continues de nous faire frissonner rien qu’à l’évocation de ton nom. Tu nous as fait couler tellement d’encre au lycée, en L1, en L3 et pour certains même en master. Chaque nouvelle étude nous a donné envie d’un peu plus te haïr. Non pas parce que tu es un personnage issue d’une tragédie, pas à cause du vocabulaire vieillot utilisé. Juste à cause des problèmes existentiels que tu soulèves par ta seule histoire.

Ce qui est pourtant dommage quand on étudie Phèdre, c’est qu’on a toujours un parti pris : le nôtre. Le coup du destin va directement créé 2 catégories de personnes : celles qui pensent que Phèdre est coupable de tout ce qui arrive dans la pièce, et ceux qui seront plus philosophes et penseront que Phèdre a droit au pardon, parce que c’est la vie. L’étude de Phèdre se fait souvent sous ce schéma (surtout au lycée) à entendre les expériences des uns et des autres. Faut pas s’étonner que Phèdre nous sorte par les yeux en fin de cycle.