Fuji XE3 Setup #1 : Shooting en musée

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Disclaimer : Avant de commencer, je veux juste rappeler que je ne fais pas de la photographie professionnelle. Je suis juste une amatrice très passionnée encore en pleine formation. Je suis donc exigeante, mais pas au même niveau qu’un photographe qui vit de ses shootings. Les conseils que je peux prodiguer découlent de ma jeune expérience, et ne demande qu’à être perfectionnés !

Musée d’Orsay

Petit article sans prétention pour vous présenter rapidement le matériel que j’utilise pour mes escapades en musées. Tout d’abord pourquoi ?
Avec mes 2 pass annuels de musées parisiens, je peux visiter en illimité le Musée d’Orsay et ceux du réseau de la Ville de Paris. J’ai dcidé de faire profiter de mes sorties au groupe Facebook de dessineux que je gère, d’où l’apparition de billets avec le #VisiteUnMusée. Tous n’habitent pas Paris, tous n’ont pas les moyens de visiter des musées (budget, enfants, temps, etc), du coup mes shootings en musée me permettent à la fois de partir à la découverte de choses que je ne serai pas allée voir de moi-même, et en même temps de proposer à plusieurs personnes de voyager ou d’étayer leurs recherches graphiques.

Cependant, shooter en musées implique énormément de contraintes, et je dirai même beaucoup plus qu’en photo de rue.

Phèdre, coupable ou non coupable ?

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Phèdre de Racine

ou quand tout est une question d’interprétation

Phèdre, Phèdre, Phèdre. Ô Phèdre, comment tu nous en as fait bouffer. Même après la fac, tu continues de nous faire frissonner rien qu’à l’évocation de ton nom. Tu nous as fait couler tellement d’encre au lycée, en L1, en L3 et pour certains même en master. Chaque nouvelle étude nous a donné envie d’un peu plus te haïr. Non pas parce que tu es un personnage issue d’une tragédie, pas à cause du vocabulaire vieillot utilisé. Juste à cause des problèmes existentiels que tu soulèves par ta seule histoire.

Ce qui est pourtant dommage quand on étudie Phèdre, c’est qu’on a toujours un parti pris : le nôtre. Le coup du destin va directement créé 2 catégories de personnes : celles qui pensent que Phèdre est coupable de tout ce qui arrive dans la pièce, et ceux qui seront plus philosophes et penseront que Phèdre a droit au pardon, parce que c’est la vie. L’étude de Phèdre se fait souvent sous ce schéma (surtout au lycée) à entendre les expériences des uns et des autres. Faut pas s’étonner que Phèdre nous sorte par les yeux en fin de cycle.

Les filles Benzoni – Cliché pas cliché

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Catherine et Marianne, tomes 1, de Juliette Benzoni

ou quand il n’y a aucun mal à briser les idées reçues d’une époque

J’ai commencé les romans de Benzoni avec pas mal d’appréhension. Le domaine du roman historique est, à mes yeux et d’après ma faible expérience, l’un des lieux le plus bourré de clichés. Les romans écrits par des femmes sont édulcorés ou radicalement écrit en portant uniquement sur la romance, les ambiances sont soit très machistes soit très naïves. La vérité historique est plus le phantasme d’une époque, bref, le roman historique m’apparaît régulièrement comme un endroit où les auteurs veulent se lâcher, se divertir et surtout un terrain de jeu pour laisser libre cours à son imagination. D’autres avant nos contemporains l’ont fait, et Dumas a dit lui-même que pour revivre l’Histoire il valait mieux la violer.

Je pars donc sur ce constat simple pour me lancer cette année dans la lecture de romans historiques plus assidus. Sachant qu’avec mes exigences, j’apprécie la notion de divertissement, mais si je li des romans historiques, ce n’est pas pour me retrouver sur des lectures que je déteste habituellement. Après plusieurs tentatives infructueuses, j’ai fini par découvrir Juliette Benzoni que je pensais être auteure de romans dits « pour femmes » (et j’y reviendrai). J’y ai découvert une auteure très amoureuse de l’histoire et surtout de la narratologie. Il y a la même fougue dans ses écrits que Dumas avec son cycle sur les Mousquetaires : c’est piquant, divertissant, entraînant et surtout une passion pour l’histoire.
La particularité des romans de Benzoni, c’est qu’ils ont souvent pour protagoniste une femme. C’est le cas de Catherine et de Marianne, sur lesquels vont se baser mes remarques ci-dessous.

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Ce qui frappe en premier quand on lit du Benzoni, c’est la volonté de rester fidèle à l’Histoire tout en a détournant pour mieux servir la sienne. En cela, elle se rapproche beaucoup de Dumas, dont j’ai beaucoup aimé La Reine Margot, qui n’est pas forcément le premier roman auquel on pense quand on parle de lui. Le fait d’avoir fait plusieurs entorses à la vérité historique a servi à la dramaturgie du récit, qui est quasi trait pour trait celle d’une pièce de théâtre.
La deuxième chose que l’on retient, la place prépondérante des femmes. Ou plutôt des quelques femmes face à un milieu quasi exclusivement masculin. Catherine et Marianne ont pourtant été écrit à une période où la place des femmes n’était pas naturellement celle de l’héroïne, ou du moins telle que l’auteure nous la dépeint. Il y a flopée de romans dits « écrits pour des femmes par des femmes », mais on est davantage sur des romans type Anne Calmel avec son Aliénor d’Aquitaine où la sensualité est encore perçu comme l’outil unique et naturel de la femme.

De fait, le roman qui a pour protagoniste une femme n’est pas si novateur que ça. On en trouve des traces à plusieurs époques (notamment au XIXe siècle avec Consuelo ou Indiana de George Sand pour citer des figures féminines fortes). Par contre, il l’est dans sa façon d’aborder le sujet par rapport à ses contemporains. Il se démarque d’une volonté contextuelle de libérer la femme du carcan religieux dans laquelle on l’enferme. Il est donc normal à l’époque de Benzoni de lire beaucoup de romans où les femmes fortes sont celles qui usent sans fard de leurs atouts pour faire pencher la balance. Le phénomène venant d’une volonté de la tranche ..jeune et populaire de la population, il est normal que les romans qui offrent ce type de cadre soit beaucoup moins élitiste.
Juliette Benzoni se démarque, car même si ses femmes utilisent elles aussi ces armes, elles gardent une innocence et une naïveté qu’elles associent à une regard acéré et mature sur leur société. Ce sont des têtes bien pensantes fraiches et bien attentionnées qui vont être portées par les événements à vivre des situations rocambolesques qui vont servir la narration et l’Histoire. Il n’y a pas de faux contexte avec une sensualité excessive, qui font de chaque femme un objet de désir sous-tendu. Il y a une approche réaliste qui fait qu’on s’attache facilement aux personnages féminins, parce qu’elles nous ressemblent : caractère haut-en-couleur, et expérience de la vie accumulée au fur et à mesure de nos vies.

Confusément catalogués « romans pour femmes » parce qu’il n’y a pas le violence d’un Tim Willocks, les romans de Benzoni répondent en fait à différents de codes : ceux des romans de Dumas ; ceux de la société dans laquelle elle écrit ses romans ; ceux de l’époque où elle écrit ses romans. S’il est plausible que Marianne apprenne le maniement des armes et la chasse au XIXe siècle en étant une noble franco-anglaise, il serait totalement mal venu de donner ces qualité à la douce Catherine qui est une simple fille d’orfèvre, recueillie par un oncle marchand, bourgeois et paysan au Moyen-Âge. Toutes deux ont un développement similaire au départ, puis radicalement différent pour montrer comment d’une époque à l’autre, la destinée d’un personnage peut totalement basculer. De même, son sens de la dramaturgie, proche de Dumas, se sent dans son goût pour le théâtre et surtout le portrait de chacun de ses personnages.

Il faudra néanmoins demander au lecteur de faire l’effort d’aller au bout des premiers romans de chaque série pour en déceler tout le potentiel. Car pour Juliette Benzoni, les mises en place des situations initiales ne sont pas son point fort. A force de vouloir écrire des femmes fortes, on est face à des Mary Sue qui évoluent dans un monde un peu cliché. Elle évite l’écueil en nous transportant rapidement dans l’action, quitte à faire un trait sur l’enfance de ses héroïnes. Et ce n’est que durant la lecture qu’on découvre leurs défauts et leurs failles. On passe de la femme parfaite à l’icône fissurée.
Cependant, le but de Benzoni semble rester le divertissement. Donc on passera par des lieux communs ou des archétypes de romans historiques pour partir vers quelque chose de plus fourni et imprévu. Qui pourrait croire que Catherine, amant du duc de Bourgogne et destinée dès le début à devenir une potiche de cour, finira par s’opposer à son amant et à lui tenir un discours politique sur la situation dans laquelle il s’est empêtré. Les filles Benzoni sont en fait des femmes fortes, qui connaissent leur influence grâce à leur charme, mais qui sont aussi des femmes bien pensantes qui n’hésitent à utiliser tout qu’elles ont appris pour tirer parti de la situation. Quitte à donner des situations très originales. Elles ont été éduquées à la fois par leur propre société et leur propre expérience. Le cas de Marianne mériterait pourtant une analyse un peu plus poussée, car même si comme les autres elle vit des aventures picaresques, les siennes font de sa vie proche de celle d’un homme de l’époque. La description de époque paraît moins plausible que pour Catherine, dans son ensemble mais contribue à une vision de la femme forte. Par exemple, elle est davantage décisionnaire de qui aura droit sur sa virginité, contrairement à Catherine qui est un personnage plus passif (dû à son époque).

Si on devait résumer rapidement le propos, je pourrai dire que les filles Benzoni sont issues de sociétés où l’honneur est encore très présent. Aussi bien dans leur contexte historique, que dans l’héritage de l’écriture du roman historique. Juliette Benzoni a pris un chemin légèrement différent qui la déclasse un peu par rapport à la production de son époque, mais qui reste lisible par tous les tranches de la population. Son amour de l’histoire transparaît dans ses descriptions et la volonté de coller au plus près d’une vérité historique, qui reste divertissante et engagée.

Les Pléiades sont aussi pour le peuple

Anarésume, Articles thématiques

Alors que l’on vous parle de rentrée littéraire par ci, de rentrée littéraire par là, les classiques eux trônent toujours parmi les ventes les plus sûres des maisons d’édition. Je vous propose un petit détour sur eux avec en illustration les neuf meilleures ventes en 2007 de la Bibliothèque de la Pléiade, Apollinaire y manquant.

La Pléiade, en édition, est une collection prestigieuse pour les auteurs qui y entrent. Pour les lecteurs, c’est un objet à la fois rare, beau, coûteux et dont l’utilité paraît moindre quand on voit qu’il existe des éditions poches bien plus accessibles pour tous ces titres. Et pourtant pour bien des raisons vous avez peut-être, lecteurs aguerris ou admirateurs, laissé glisser votre œil sur leur rayon en librairie et fui rapidement au souvenir du prix. Car oui, il est surtout question d’argent dans cette affaire.

Cela fait quatre ans je commande quelques volumes de cette collection (trois et bientôt cinq) non pas pour les regarder dans leur bel étui mais pour savourer de magnifiques œuvres sur un papier qui permet au livre de diminuer de moitié la taille, tout en conservant son format de poche. Mais voilà, comme vous, le prix me fait peur. Alors j’ai décidé de les acheter uniquement d’occasion. Vous êtes nombreux à y avoir penser. Peut-être le faites-vous déjà ? Cette alternative permet de sauver une bonne partie de nos économies.

Dans ce petit billet, je souhaite vous prouver que les Pléiades, ce n’est pas que pour les riches. Bien sûr, on ne va pas en acheter à tour de bras, mais se faire plaisir une fois par an, ça peut être agréable ! Mais attention, le milieu de l’occasion fourmille de pièges. Voici ce que j’ai pu constater durant mes recherches.