#VisiteUnMusée avec l’Expo Parfums de Chine du Musée Cernuschi

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Jusqu’au 26 août 2018, le Musée Cernuschi propose une exposition assez unique en son genre. Elle porte sur les parfums de Chine : leur senteur, leur composition et leurs usages au quotidien.

La visite est tellement riche en expériences que vous pourrez y retourner plusieurs fois, sans avoir de sensation de déjà-vu. Vous pouvez faire :

  • le parcours classique : lire les indications au mur et les légendes.
  • la visite guidée : qui vous aidera à comprendre les choix des objets sélectionnés en contexte. On y apprend aussi que les objets présentés ne resteront pas les mêmes jusqu’au 27 août.
  • la visite interactive : les écrans vidéos à votre disposition vous permettront d’approfondir votre visite avec des interviews de personnes issues de différents domaines : CNRS, Parfumerie Dior, etc.
  • la visite olfactive : dans chaque pièce, une recette de parfum vous ait présentée et vous pouvez la sentir grâce à un système de ventilation.

J’ai fait la visite pour mon anniversaire, et je compte bien y retourner une ou deux autres fois d’ici le mois d’août. Le quartier en lui-même est déjà un dépaysement : une grande grille de fer ancienne sépare la ruelle de l’avenue d’un côté et le parc Monceau de l’autre. Cela rend le quartier quasi piéton. On a l’impression d’être dans un espace où le temps se serait arrêté.


Affiche Exposition Parfums de Chine au Musée Cernuschi

Une visite unique, des expériences plurielles

Avec cette exposition Parfums de Chine, vous ne pourrez pas dire que vous aurez perdu votre temps ! Les objets proposés sont variés, le contexte historique est présenté de façon concise. On commence par une suite de matériaux organiques ou végétaux qui servent à la création de parfums, avant de découvrir les différents objets sculptés qui servaient à encenser les pièces, les événements ou les réunions de personnes. Tout est classé selon les scènes de vie quotidienne et historique.

Ce qui est dommage, c’est que les bornes olfactives ne soient pas mieux visibles ou présentées. Je suis totalement passée à côté, et les ai découvertes qu’à la toute fin de ma visite quand j’ai vu un couple s’extasier dessus. Rien que pour ça, il faut absolument que j’y retourne : j’ai l’impression d’être passée à côté de quelque chose durant la visite.

En ce qui concerne les écrans d’affichage pour écouter (ou lire les sous-titres) des interviews, la prise en main est très facile : ce sont des écrans tactiles. Les entretiens sont relativement courts pour nous laisser en voir un sans être lassé (~5 minutes par vidéo). C’est un vrai plus à la visite, surtout on ne fait pas la visite guidée.

Le parfum, une expérience sensorielle complète

Visuellement, on en prend plein les mirettes. On (re)découvre qu’il existe plusieurs styles graphiques depuis l’Antiquité chinoise. Le cliché des bibelots chinois en France est d’ailleurs resté bloqué au XVIIe siècle…

Bref, les encensoirs sont travaillés de façon très différentes selon la période temporelle et leurs usages évolue au fur et à mesure. On découvre qu’un objet purement religieux est devenu un objet du quotidien. Une interview nous confirme qu’ l’époque des premiers missionnaires, leurs premières remarques étaient sur les odeurs. On y sent constamment différentes senteurs, pas celles de Paris comme on lit dans Le Parfum de Suskïnd, non ce sont différentes parfums qui assaillent le nez. Le parfum est partout : maison, rues, marchandises, vêtements, etc.

 

Au cours de la visite, j’ai eu plusieurs réflexions. Quand on voit le soin qu’ont pris les chinois pour décorer les encensoirs et pour faire perdurer les cérémonies autour, on peut se demander si le parfum n’était pas un dieu à lui seul. La première partie de l’exposition nous montre les usages funéraires où le parfum était un moyen pour communiquer avec les morts. Sur les estampes géantes présentées c’est l’empereur qui tient les bâtonnets d’encens. Plus loin, une autre pièce met en valeur la place de l’encens durant les réunions de lettrés, à travers des poèmes et des représentations de séances d’encens. Plus loin encore, les usages domestiques y sont détaillés en peinture et estampes. Les encensoirs servaient à parfumer les maisons, mais étaient aussi des objets de décorations. Certains sont spécialement destinés à l’autel des Anciens.
Bref, le Parfum est comme une personne à part qu’on rencontre de façon collégiale ou qu’on emporte partout avec soi par coquetterie.

 

 

En conclusion, je pensais faire une petite visite tranquille et j’y ai appris beaucoup plus de choses que dans une exposition classique. Accessible aussi bien aux néophytes comme aux amateurs, la visite est assez riche pour que chacun en tire une expérience qui lui est propre. Raconter la visite ne suffit pas pour se faire une idée. La qualité de conservation des objets est exceptionnelle et l’immersion dans l’univers sensoriel de la Chine à travers les âges est progressive. J’y retournerai certainement en avril et/ou en mai pour aller voir ces fameuses bornes olfactives !

Plus d’infos pratiques sur l’exposition sur le site du Musée Cernuschi.