#VisiteUnMusée avec l’Expo « Danse Degas Danse » au Musée d’Orsay

Le Musée d’Orsay fait beaucoup de publicités autour de son exposition Danse Degas Danse. Ses tableaux sont souvent plus connus que le peintre en lui-même, et c’est justement certains tableaux qui m’ont interpellée et qui m’ont donné envie de jeter un coup d’oeil à l’expo.

Ça faisait longtemps que je n’avais pas visité le musée d’Orsay. J’avais oublié à quel point il est grand. C’est vrai que c’était une gare, avant. La structure de l’établissement est vraiment atypique et ça donne beaucoup de charme. Par contre, j’avais oublié à quel point c’était une usine à gaz. On a l’impression d’entrer dans un aéroport tellement il y a de monde, d’entrées différentes, de portiques et de consignes de sécurité.

L’expo se trouve au dernier étage, pas facile à trouver pour qui n’est pas habitué à visiter le musée.


Des tableaux connus pour un public de connaisseurs

Même si la plupart des salles proposent des commentaires assez documenté pour comprendre la scénographie de chacune d’entre elles, j’ai trouvé l’exposition très tournée vers un public de connaisseurs. Danse Degas Danse fait référence à un livre écrit et édité par Paul Valéry sur Degas. Celui qui ne connaît pas la référence s’attend à voir une exposition sur l’amitié entre les deux hommes ou à une scénographie qui lie poésie et peinture.

Même si le parcours est assez bien amené pour voir l’évolution graphique de Degas, alors qu’on découvre en fait la lecture visuelle du livre Danse Degas Danse, j’ai apprécié avoir l’application du Musée d’Orsay avec moi dans les dernières salles. Au début, les commentaires audio sont exactement les mêmes que ceux qu’on peut lire sur les murs du musée. Mais petit à petit, les commentaires s’effacent pour laisser place aux oeuvres de Degas. Étant néophyte  sur cet artiste, je n’ai pas boudé mon plaisir. Attention quand même, l’application est payante : à peu près le prix d’un audioguide.

Dans cette exposition, il y a quasiment autant d’esquisses que de tableaux. Les salles sont très grandes et permettent de circuler malgré l’affluence. On apprécie de pouvoir découvrir un tableau d’abord par ses morceaux d’études et de se rendre compte que le tableau en question était juste à côté de nous.

Grâce à l’apport de sculptures, on se rend vite compte que Degas n’a pas tant que ça un style académicien. Ses danseuses sont très réalistes, et pourtant les couleurs ou les textures portent indéniablement une marque artistique.

Ca n’a pas pour autant une révélation pour moi. Ses tableaux sont très connus. On les voit régulièrement sur les couvertures de romans du XIXème siècle. J’aurais aimé découvrir plus d’échos entre ses écrits poétiques et ses peintures. Les salles les concernant sont trop éloignées pour essayer de faire un rapprochement.
De plus, j’ai clairement eu l’impression que c’était une exposition faussement adaptée au grand public. Pour en comprendre tout l’enjeu, il faut absolument se renseigner sur Degas et l’édition du livre Danse Degas Danse. C’est néanmoins une expo sympathique à faire un dimanche en famille. Les dernières salles sont très ludiques parce qu’on joue avec la scénographie pour exposer statuettes de danseuses et études de chevaux.

Le catalogue : un catalogue d’images au sens propre

Le catalogue est vraiment parfait pour le chercheur, l’artiste ou le passionné de Degas. Très peu de commentaires, des images en haute résolution, un papier de grande qualité qui donne un aspect vieilli au livre. Rien que pour la fabrication, le livre vaut son pesant d’or. Vous aurez vraiment l’impression d’ouvrir un ouvrage du XIXème siècle. On a les même sensations que quand on ouvre les vieux albums jeunesse que nos grands-parents.

Même s’il ne m’a pas convaincu parce que je ne fais pas partie de cette catégorie de personnes, on est face à un beau travail éditorial qui mérite d’être souligné. Vous pouvez consulter ce catalogue en cours de visite si vous le souhaitez.

 

En conclusion, clairement une exposition axée pour les connaisseurs pour pleinement en profiter. Néanmoins, c’est l’occasion de (re)découvrir l’artiste derrière les tableaux et les peintures sur les grandes boîtes de chocolats de nos grands-parents.

On peut y voir des oeuvres très connues de très près, dans une scénographie adaptée aux fortes affluences, sans avoir l’impression de se marcher dessus.

J’ai surtout été déçue parce que la plaquette parlait de 20 ans d’amitié entre Degas et Valéry et qu’on met pas assez en avant le lien entre les deux hommes.

L’exposition finit le 25 février 2018.

Plus d’infos pratiques sur l’exposition sur le site du Musée d’Orsay.