La lecture numérique : comment ma liseuse a fini dans ma bibliothèque

La liseuse présente des atouts indéniables, notamment le fait de pouvoir stocker un nombre colossal de livres dans un minimum de place. C’est également un outil génial pour lire en langue étrangère, notamment avec la Kindle et son système X-Ray qui vous permet de lire vos séries avec un index de personnages consultable à tout moment. Et puis, on (re)découvre le plaisir d’annoter des passages entiers. Le rapport à la lecture prend une autre forme et ça a été un moment très plaisant. Pourtant j’en reviens. Ma liseuse ne quitte plus ma bibliothèque depuis bientôt 1 an.

Dès qu’on m’a présenté la liseuse en première année de fac, j’ai foncé sur le site de Bookeen pour en acquérir une. Ca a été le début d’une longue promenade parmi les différents modèles pour tester de nouvelles fonctionnalités et trouver l’appareil qui correspondait le plus à ma façon de lire : Kindle, Kindle Paperwhite, Cybook Odyssey, Kobo Aura, Cybook Muse, Kobo Glo HD. Le modèle a changé selon mes besoins du moment et m’a surtout encouragé à aller vers des livres que je n’aurais pas acheté en papier.

Seulement, depuis que mon travail est à côté de chez moi, plus besoin de faire de la place dans le sac, plus besoin non plus de prendre les transports. En rentrant chez moi, après une journée passée sur des écrans qui font 30 pouces, je n’ai envie que d’une chose : faire une coupure. S’il me faut lire, je veux un livre papier pour me couper du reste du monde, pour enfin toucher quelque chose de matériel et prendre plaisir à se plonger dans un autre univers. Pourtant, en vue d’un prochain déménagement, je sais qu’il est nécessaire d’utiliser la liseuse. J’aurai beaucoup moins de place, je commence déjà à distribuer mes livres, faute de place par rapport à ce qui était prévu. Mais je persiste.

Lisant beaucoup mois -et c’est un euphémisme, acheter un livre est redevenu un plaisir d’aller en boutique pour regarder des étagères que je n’ai peut-être pas vues depuis 3-4 mois. C’est presque une « sortie », un événement à part. Un retour aux sources en somme, vu qu’étant enfant je lisais toujours les mêmes livres. C’est une chose qu’on ne retrouve pas forcément en numérique, à quelques rares exceptions.

Le seul éco-système où j’ai apprécié me balader sur la boutique, c’est chez Bookeen. Leur catalogue est plus restreint, mais il y a beaucoup d’animations autour de leur librairie. L’interface web de la boutique est vraiment très sympa, l’e-libraire organise régulièrement des rencontres entre lecteurs, il y a des interviews d’auteurs, bref c’est un site communautaire, vivant et qui donne envie d’y rester. Rien que le fait d’en parler me donne envie, mais l’aspect immatériel de la liseuse me bloque.

Ce que j’apprécie le plus dans ma reprise de la lecture en ce moment, c’est l’idée de 1 livre = 1 entité différente. Psychologiquement j’ai l’impression de visiter des lieux différents, de pousser la porte d’endroits très divers. La couverture n’est pas suffisante sur liseuse et le côté livre-objet n’est pas suffisant. Ce sont des aspects subsidiaires auxquels on s’attache quand on est collectionneur de livres ou qu’on souhaite simplement se faire plaisir. Le livre est redevenu un objet-univers : c’est-à-dire que j’ai l’impression d’accéder à une source de savoir ou d’informations, mise en contexte par une mise en page ou une couverture, mais où ni le contenu ni le contenant ne prennent le dessus. En fait, je suis revenue la vision qu j’avais du livre : l’édition que j’achète et lis est une édition pensée comme un tout et je tire mon plaisir des liens qu’il y a entre contenu et contenant.

Qui plus est, la liseuse est un poids supplémentaire côté gestion. Du fait du même déménagement, je dois également me séparer de certains objets devenus encombrants, comme mon gros ordinateur personnel. Sauf que les PC portables sont loin d’être fiables, donc j’ai commencé à investir dans des solutions de stockage. Et là encore, devoir des back ups permanents, disons-le, ça me gonfle. Donc les ebooks, le fait de devoir encore tous les copier/coller d’un endroit à un autre, sans compter qu’il faut réinstaller Adobe Digital Editions, redonner les autorisations (et penser aussi à supprimer celles des autres ordinateurs non utilisés), je n’ai plus envie de me prendre la tête. Le livre papier, tu l’ouvres ou tu le classes et basta.

Bref, la liseuse ne me correspond plus du tout. Mon idéal, y a encore 2 ans, ça aurait été de trouver une plateforme communautaire digne de Bookeen et une machine équivalente à la Kobo Glo HD. Aujourd’hui, si j’achète un vieux livre de poche d’occas’, je suis toute contente. Il n’y a qu’un seul support pour lequel je regrette encore d’avoir du papier : ce sont les BD. C’est lourd, ça prend de la place, faut aimer l’odeur du papier et ça se lit trop vite. Mais là, autant utiliser une tablette ou un smartphone (en lecture case par case).


Je n’ai pas vu beaucoup d’expériences de réversion : des gens tout numériques qui retournent au papier. Aucune idée si on est nombreux dans ce cas ou pas, mais pour ma part le livre papier a vraiment de beaux jours devant lui. Ou dans ma bibliothèque.

7 commentaires sur “La lecture numérique : comment ma liseuse a fini dans ma bibliothèque

  1. J’utilise beaucoup ma liseuse (j’ai une kindle depuis 4 ans), mais je rachète des livres en papier régulièrement depuis quelques temps, souvent parce que je les ai lu en numérique et j’ai envie de les avoir dans ma bibliothèque (comme les rois du monde de jaworski ou les greatcoats de sebastien de castell) mais le numérique permet de faire un premier tri à moins cher.
    Procéder comme ça m’évite de me retrouver avec des bouquins sur les bras qui m’ont moyennement plu, ou pas assez pour prendre autant de place ni être relus plus tard, et galérer pour les revendre après.
    Je te rejoins pour les BDs, j’en achète plus que très rarement, c’est très cher et ça prend de la place. J’hésite à prendre une tablette juste pour lire des BDs sans se les trimballer à chaque déménagement.

    J'aime

    1. C’est aussi ce queue je faisais au début, et ça permet de faire beaucoup de découvertes, vu qu’il n’y a plus de problème d’encombrement !
      (Et puis ça évite d’abîmer les beaux livres comme Les Rois du Monde si on lit dans les transports.)
      Pour les BD, il y a quelques applis qui ont amélioré l’expérience de lecture mais côté catalogue je ne sais pas comment ça se passe…
      Merci pour ton retour !

      J'aime

  2. Je n’aie pas encore de soucis de place Car je n’aie Encore Pas de petit chez moi, Mais je ne lis que des articles, les infos, Ou des documentaires sur ordi Et écrans personnellement, les romans c’est en papier, seulement les romans :)! Du coup j’alterne entre les deux 😊 Le Plus souvent je vais à la bibliothèque, en emprunte un paquet, Et les ramène à la limite de la date 😆! Bon courage pour trier tout tes livres, certains sont durs à donner 😰! Bonne soirée Xoxo

    J'aime

    1. Haha, la bibliothèque j’ai du mal personnellement. J’ai fait 4 inscriptions en tout et à chaque fois j’arrête d’y aller au bout du 3e emprunt, parce que je n’aime pas avoir une deadline imposée. Pourtant, aucun souci avec ça à la fac ! Mais pour les lectures perso, bof.

      J’avoue quand même que lire les articles et docus en numérique c’est le bon pla’, comme les essais. Mais j’ai gardé l’habitude de les avoir en papier avec la fac. Pourtant ça permettrait de libérer un étage entier 🤣

      Merci beaucoup pour le tri et merci pour ton retour d’expérience !

      Aimé par 1 personne

      1. Ah oui les délais.. c’est effectueront quelque peux énervant .. Mais de mon côté je ne sais pas si c’est pareil chez Toi, On à un site Ou l’on peut prolonger les livres une fois donc Ca Fais 5-6 semaines Pour les garder :)! Voila Bisous bonne journee 😊

        Aimé par 1 personne

  3. J’ai une liseuse depuis un an et demi et je revis/relis ! Comme j’habite à l’étranger et que j’avais dû laisser mes livres en France, ma liseuse me permet de trouver des livres facilement en un clic. Et comme ici la place est rare, je peux malgré tout stocker plein d’ouvrages. Cela dit, je continue de recevoir et lire des livres papier que mes proches m’offrent, j’en achète moi-même encore mais beaucoup moins qu’avant. Mais après tout, l’important, quel que soit le support, c’est de lire et d’y trouver du plaisir, non ? 😉

    Aimé par 1 personne

Les commentaires sont fermés.

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :