Le Retour du Roi de J.R.R Tolkien

Enfin la fin du combat contre Sauron, le temps des récits de grande bataille et des grandes résolutions. Le troisième film ne m’a tellement pas marquée que j’ai vraiment redécouvert toute l’intrigue de ce dernier volet. Ca a été un plaisir immense de me remettre à chaque fois dans cette lecture et une grande déchirure que de le quitter. Pour Le Retour du Roi, j’ai décidé de me délester de mon édition française pour ne lire que dans la langue de Tolkien. Même si ça aura été un véritable défi. Les différences de traductions ou de nuances dans Les Deux tours m’avaient trop agacée.

La dernière partie du Seigneur des Anneaux n’est pas ma préférée. Du moins, pour la grande majorité car j’ai trouvé les récits de bataille beaucoup trop détaillés et ils prennent au moins la moitié du roman. Il y a beaucoup de scènes mémorables et puissantes, mais ce n’est pas forcément celles qu’on voit dans la version courte du film. Néanmoins, le roman conclue la saga de manière très épique, spirituelle et ouvre beaucoup de nouveaux chemins.

Titre : Le Retour du Roi
Auteur : J.R.R. Tolkien
Tomaison : 3/3
Édition : Houghton Mifflin Harcourt

Mon avis

The Lord of the Rings

– Quelques grandes idées du roman –

Pour terminer la boucle de réflexions commencées dans les deux premiers articles, je m’attaque directement à ce qui m’a semblé important à retenir dans ce roman. Et c’est fou ce que la Mort empeste de partout : la guerre, la fin du temps des elfes, la quête de Frodon, les Nazgûls, la mortalité des hommes, l’annonce d’une fin du monde… mais surtout la mort après la fin des combats, quand la vie reprend son cours. Le Retour du Roi est une partie vraiment très sombre du Seigneur des Anneaux qui n’est pas forcément bien mis en valeur par le film dans sa version courte. Tolkien a vraiment porter sa réflexion sur la vie après la mort et à plusieurs reprises, on joue sur les deux mondes. La partie de Frodon atteint évidemment son sommet, et pas uniquement quand il est dans les Montagnes avec Sam, mais Aragorn doit lui aussi travailler avec les morts et les vivants. Il est le passeur entre deux mondes. Tolkien nous prépare petit à petit à la fin inéluctable du roman, celle des Hobbits.

Comme beaucoup de romans maintenant, surtout si vous êtes un adepte de la légende arthurienne, vous aurez vu la critique du rôle du roi. Son titre n’est pas qu’héréditaire, il s’obtient par le mérite et donc Aragorn incarne tout du long l’homme humble et toujours bon envers son prochain. Par rapport aux tomes précédents, je l’ai senti très distant de nous. Plus il avançait vers sa destinée, moins je partageais ses sentiments. D’ailleurs, c’est comme cela que j’ai compris que ce personnage était, avec Frodon et Gandalf, un des personnages centraux qui font le ciment du groupe. Chacun est confronté à sa destinée, ce qui le roman extrêmement dense et nous invite à réfléchir sur la morale, la portée de nos actions et notre propre valeur.
Étrangement, j’ai largement préféré le destin des Hobbits. Un peu déçue au début que Legolas et Gimli soient moins visibles, mais Pippin et Merry permettent à d’autres personnages d’être approfondis. Le chemin qu’ils ont choisi les rapproche beaucoup du destin des hommes et de la quête d’Aragorn, mais chacun le vit très différemment. Merry serait un genre d’écuyer qui n’a pas froid aux yeux et Pippin un garde dévoué mais fragile.

Du côté de la quête de Frodon, plus j’avançais et plus j’avais l’impression que Tolkien avait voulu mettre du prophète dans son personnage. Le personnage endure toutes les souffrances pour ses amis et le monde, sans Sam il n’est absolument rien et malgré les ténèbres qui englobent de plus en plus son cœur il ne peut s’empêcher de vouloir donner son pardon. Dans le même temps, le dédoublement de personnalité dû à l’anneau est vraiment très bien écrit et il atteint son acmé dans la scène finale. Dommage que cette dernière soit vraiment si courte. J’ai été déçue que tout soit finit en 1 page et demie.

Une femme, du peuple des Hommes, va sortir du lot par rapport aux autres. J’avoue avoir eu du mal à juger du destin que Tolkien lui a offert. Éowyn a une place et un rôle tout aussi important que n’importe quel homme. Elle va même jusqu’à risquer sa vie pour son roi et oncle. La scène où on retrouve les corps inanimés de Merry et Éowyn est vraiment très prenante et fait écho au sort de Boromir dans son pendant symétriquement opposé. Néanmoins, sa fin est bien moins épique. Elle rentre dans un rôle plus conventionnel de femme du Moyen-âge. Ce n’est pas vraiment choquant, c’est même naturel quand on regarde le rapport de forces entre hommes et femmes dans la Terre du Milieu. Mais, on reste sur une note d’étonnement, à se dire qu’une femme ne peut pas finir autrement dans ce monde et cette manière de penser.

La fin à tiroirs du roman est vraiment intéressante et permet aux Hobbits de commencer réellement une nouvelle vie. Tolkien en profite au passage pour faire un parallèle avec la réalité des soldats qui rentrent chez eux : plus rien n’est comme avant, ils sont encore tout plein de la fureur et du sang de la guerre, il est difficile de rester juste dans son jugement quand des brigands ont assailli vers contrée. J’ai surtout beaucoup aimé le retournement de situation avec Langue-de-vipère et Saroumane, qui nous fait réfléchir sur l’ensemble de l’œuvre et sur les actions de tous les Hobbits.

Extrait du texte VO

– Le défi de la version originale –

Pour Le Retour du Roi, je me suis imposée de le lire en anglais dans son intégralité. Peu téméraires s’abstenir, le texte est encore plus dense et a recours à des termes encore plus archaïques que les deux premiers tomes. Les scènes de bataille ont été très souvent une véritable corvée à lire. La partie avec Frodon est la plus simple à lire, étant qu’il s’y passe quasiment rien. Le plus dur dans la lecture VO de ce roman, c’est de louper des événements importants sous la masse d’informations qu’on livre parfois en deux pages.
Cependant, j’ai apprécié la langue de Tolkien qui nous fait revivre un moyen-âge que j’avais oublié. Si vous avez déjà étudié des textes en ancien français, vous retrouverez par moment la même rythmique et les mêmes thèmes, jusque dans l’utilisation de certains mots.

Résultat de cette lecture VO : même s’il m’aura fallu plus de temps, j’ai été heureuse de parcourir une histoire qui m’avait donné fortement l’impression de perdre en saveur dans la traduction. Ce n’est pas à la portée de tout le monde et le film n’aide pas vraiment ceux qui l’auront vu dans sa version cinéma.

– Face à face : film et roman –

J’en fais justement partie de ces spectateurs qui n’ont jamais vu la trilogie du Seigneur des Anneaux en version longue. J’ai été donc très déçue de l’adaptation, tant les coupes que Peter Jackson a été obligé de faire réduisent à une peau de chagrin la psychologie d’Aragorn ou de Boromir. Le passage où le Roi guérit ceux qui ont été touché par la Nazgûls aurait mérité sa place, tout autant que la romance de Boromir ou la scène du Palantir. On n’en verse pas moins une petite larme à la fin quand voit le bateau. Lire le roman avant ce nouveau visionnage a été très bénéfique, surtout pour la dernière partie du roman qui n’a pas pu être portée à l’écran.

En bref

Une fin grandiose, certes, mais qui demande toute l’attention et l’implication du lecteur surtout si vous lisez le roman en VO. De belles figures qui en ressortent, des amitiés qui continuent éternellement, des rires et des larmes. Si vous avez déjà les deux tomes précédents, dites-vous que ça va encore plus loin. Que c’est encore plus épique et que Tolkien sait toucher les bonnes cordes pour faire vibrer l’Histoire et les canons médiévaux qu’il utilise. En refermant le roman, je n’ai eu qu’une envie : repartir pour l’aventure.

Note :

Sommaire de The Lord of the Rings Extrait de The Return of the King

Aller plus loin ?

4 commentaires sur “Le Retour du Roi de J.R.R Tolkien

  1. Ta chronique est sublime 🙂 Moi aussi, je suis déconcertée vis-à-vis le destin d’Éowyn. Le fait que tu lises en anglais est un sacré challenge à mes yeux (tant pour la langue que la plume).

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    1. Merci ^^
      Le tome 1, c’était un peu la carotte pour lire en VO et tu sens au fur et à mesure que ça devient plus compliqué ! De toute façon, je n’avais plus la VF dans ma bibliothèque, donc je n’avais plus d’autres choix :p

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