L’Heure des elfes de Jean-Louis Fetjaine

Suite de la Trilogie des elfes pour Challenge ABC avec L’Heure des elfes, 3e roman et ultime du cycle. Le schéma narratif suit à peu près le rythme du tome 2, mais il y a plus de nuances dans ses transitions.
L’Heure des elfes rompt beaucoup plus la trame celtique que les autres opus de la trilogie. On sent très nettement une implication chrétienne et dans mon entourage, c’est souvent cet élément qui a déclenché leur décrochage. J’ai trouvé au contraire que Fetjaine s’était bien amusé à coupler les deux mondes, à tel point qu’il donne une vision très personnelle de la légende d’Uter.

Exceptionnellement, je ferai un court résumé par volume et donnerait un avis pour chacun. Faire un article synthétique risquerait de ne pas montrer ce que j’ai vraiment aimé ou détesté.

Titre : La Trilogie des Elfes, tome 3 : L’Heure des elfes (ISBN : 9782266183765)
Auteur : Jean-Louis Fetjaine

Nombre de pages : 268

Personnages principaux (ordre d’importance) : Lliane, Uter, Merlin // Ygraine, Morgane, Bran // Ulfin, Léo de Grand.

Résumé éditeur

Pour des raisons de gros spoilers, je vais utilisé la quatrième de couverture du troisième tome.
« 
Le monde, partagé entre les nains, les monstres, les elfes et les hommes, a perdu son équilibre depuis que ces derniers se sont approprié la légendaire épée Excalibur. Déchiré entre son épouse, la chrétienne Ygraine, et Lliane, la reine des elfes, le roi Uter a pris la décision de rendre l’épée sacrée et de restaurer ainsi l’ordre ancien. C’est alors que les monstres envahissent le royaume de Logres et anéantissent leurs adversaires désunis. Affaiblis et terrifiés, les hommes se tournent de nouveau vers les elfes, espérant que le peuple des arbres viendra à leur secours. Exilée sur l’île d’Avalon avec sa fille Morgane et accompagnée du mystérieux Merlin, la reine Lliane acceptera-t-elle, une fois encore, de tout risquer pour l’amour d’Uter ? »

Mon avis

Du début à la fin, la question des descriptions sera ma hantise éternelle. Néanmoins, Fetjaine a encore mûri dans cet ultime tome. Elles sont mieux amenées et elles rentrent parfaitement dans le roman de chevalerie. Genre qui, même s’il est riche en connaissances, fait partie de ceux que j’aime bien mais qui, s’il est utilisé à outrance, a le don de m’ennuyer. Au Moyen-âge, les redites et les descriptions répétitives ne sont pas un problème car c’est une littérature écrite ET orale. L’ancien français avait d’ailleurs des mots bien plus synthétiques que les nôtres pour décrire un lieu, un vêtement, une condition ou une relation. De ce fait, les descriptions ne sont pas ennuyantes. Fetjaine a changé sa manière de faire, mais étant donné qu’il se répète parfois pour rappeler ce qui s’est passé dans « l’épisode précédent », j’ai sauté ces passages de redites. Fetjaine a d’ailleurs bien raccourci ses romans quand il a écrit sa Chronique des elfes. Son projet a été très ambitieux, mais très lourd aussi.
Le texte est violent, cruel et froid. On sent une évolution par rapport aux premiers volumes. Les derniers chapitres permettent de faire monter la pression et le visage de l’Innommable est bien caché jusqu’à la fin. Il reste encore des personnages qui ne servent à rien. Je pense surtout à Fréhïr. Il est le père de Galaad dans cette version de la légende arthurienne, mais… son rôle d’ancien héros de la légende n’est pas utilisé. Il apparaît comme ça de temps en temps au début et à la fin. En lisant les premiers chapitres, j’ai vraiment cru qu’on allait développer son caractère, mais rien. C’est également le cas de Maheolas : il apparaît dans ce troisième tome, mais il se confond très vite avec l’Innommable. Pour le non initié, il ne repérera pas l’autre nom de Méléagant, qui appelle à l’apparition de Lancelot.

Ce roman est plus long que le précédent, mais il apparaît bien moins riche en actions. Fetjaine comble cela en y apportant une touche d’émotions fortes. Ce chaos m’a laissé croire qu’il était amené par le christianisme. La lance même qu’utilise Galaad à la fin peut être assimilée à la relique du Christ. De plus, le mal provient des actions des hommes, ceux qui veulent justement un dieu unique et un roi unique. La fin est ouverte : si Galaad-Lancelot est recueilli par Liliane, Merlin s’occupe d’Arthur d’un côté et souhaite faire de Morgane la nouvelle reine. Il n’y parvient pas. Galaad est celui qui rapporte le Graal, mais il s’est changé en Lancelot. Que va devenir ce monde ?
Il reste des questions sans réponse, mais qui méritent sûrement d’être approfondies par des recherches : pourquoi l’Innommable tue certains enfants et en garde d’autres ? Pourquoi le Mal incarné est-il tué par la lance des Monstres tenue par Galaad, ce qui fait faire un rapprochement entre le talisman des monstres et la lance qui a piqué le Christ ? Est-ce cela l’épreuve du Graal ? Où est passé Maheolas, l’interprétation de Fetjaine de Méléagant ?

Note :

2 commentaires sur “L’Heure des elfes de Jean-Louis Fetjaine

  1. J’ai tellement peu de souvenirs de cette trilogie, que j’avais lu pourtant sans difficulté particulière – un peu d’ennui tout de même, certes, mais rien d’excessif à ce moment-là. Je crois que ce qui m’avait plu et marqué est la cause de la séparation des différentes races : l’Humanité. Qui voulait tout lier en son sein mais qui n’y arrivera pas, à qui il manquera toujours un Talisman et pas le moindre quand on sait quelle valeur, quelle vertu est véhiculée à travers lui.
    Les choses vont à la fois trop vite (je conserve ce sentiment de manque de profondeur pour des personnages ou des relations, même les plus importants) et trop lent (descriptions, descriptions). Il a une recherche (historique) derrière ce récit, toutefois peut-être que les mots employés n’étaient pas les plus pertinents.

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    1. Je pense que j’aurais dû lire cette trilogie bien avant d’être imprégnée des romans contemporains et de l’écriture minimaliste. Même les cours d’édition qu’on a eu ont complètement biaisé mon regard. Peut-être que si j’avais continué l’aventure à 16 ans, j’aurais adoré. Peut-être pas non plus, j’ai un souvenir d’ennui avant même d’avoir terminé le chapitre 2 du tome 1. Ensuite ça reste une belle histoire et une réinterprétation de haute voltige. Mais bon, on ne peut pas plaire à tout le monde.
      Pour ton deuxième paragraphe, il faudrait peut-être voir comment il a écrit Les Chroniques des elfes. Apparemment, il aurait changé de manière globale sa façon de raconter.

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