La Horde du Contrevent d’Alain Damasio

La Horde du Contrevent, une claque tellement forte que vous en entendrez grésiller le vent par vos oreilles, vos narines et votre peau.Beaucoup se sont écroulés avant de passer le col de la moitié du roman, d’autres sont passés et ont abandonné avant l’Extrême-Amont. Les lecteurs arrivés en bout de parcours ont chacun leur réaction propre : l’adhésion ou le rejet total. Alain Damasio, dans son génie, a réussi à pondre un roman qui réussit à animer tous les sentiments.

La version grand format est beaucoup plus agréable à lire que le format poche, malgré sa taille imposante. D’abord le nombre de pages est moins impressionnant et puis les raisonnements sont tellement longs par moments qu’il est plus facile de revenir en arrière sur une double page que sur 3 pages. Je profite de ce billet pour inaugurer ma toute première participation au challenge SFFF de Snow !

Titre : La Horde du Contrevent
Auteur : Alain Damasio

Résumé

La Horde est constituée de vingt-trois hordiers, mené par Golgoth le neuvième. A l’âge de 5 ou 6 ans, ils ont été jetés dans un bateau pour commencer leur vie de contre. Ils ont été formés à cela, à contrer le vent horizontal qui zèbre leur monde d’amont en aval. Leur but ? Trouver l’origine du vent, collecter toutes ses formes et avant tout effectuer un combat contre soi. Ceux qui cherchent un roman épique qui prône l’héroïsme comme individualisme peuvent passer leur chemin. La Horde n’est qu’une seule entité.
La Horde suit un tracé précis : celui qui est tatoué au dos des deux piliers et du Traceur Golgoth.

Quand nous entrons dans l’histoire, nous sommes en plein désert. Dans quelques années, ils auront trente ans de contre à leur actif. Le monde est marqué par le souffle du vent qui jamais ne disparaît. Des entités extraordinaires, nommés chrones, se mettront sur leur chemin : le chrone syphon, les chrones nox, les psychochrones, les autochrones, etc. Tous ont une propriété particulière et portent en eux une des formes du vent.

Devant la technologie fréole, la Horde refuse de continuer son chemin sur leur navire. C’est par le contre qu’ils doivent avancer. A pied, en nageant, en rampant, mais toujours par leurs propres moyens. L’Extrême-Amont est loin et tout le monde ne survivra pas : un assassin est lancé à leurs trousses à bord du navire fréole devant la Flaque, le chrone syphon aura raison de hordiers, puis le vent sélectionnera les élus avant qu’ils livrent bataille contre eux-mêmes, à Norska. Le Conseil de l’Hordre les a lâchés sur la route mais ne croient plus en eux dorénavant. On en vient à se demander s’il ne savait pas déjà ce qui attendait Sov, scribe du groupe, au bout du chemin…

Mon avis

Un ovni entre science fiction, pour la quête scientifique et philosophique, et fantasy pour les décors et le mysticisme. La Horde du Contrevent est d’une telle densité que, dès la première page, il vous propulse ailleurs et que, dès le livre refermé, il vous propulse sèchement dans le monde réel. Que l’on aime ou pas, on est tous unanimes sur une chose : la métaphore filée du contre chez le lecteur. Demandez à n’importe qui qui aura ce pavé, il vous dira que la lecture est laborieuse au début et que les explications sur les catégories du vent vous retournerons. Alain Damasio a tellement travaillé son texte qu’il simule la force du vent. Les explications, quant à elle, sont très faciles pour qui est un scientifique dans l’âme et un peu pour celui qui ne l’est pas. La Horde reste néanmoins accessible au néophyte, tant qu’on accepte le pacte de lecture imposé dès les deux premiers chapitres.

Le véritable roman ne commence qu’à la moitié du roman. Ou peut-être un peu avant, vers l’épisode du Corroyeur juste avant la Tour Fontaine. En d’autres termes, quand nous voyons la horde de Golgoth le neuvième contrer cataclysme sur cataclysme. Ce n’est qu’au bout d’un an, en reprenant ma lecture que j’ai réussi à comprendre plus clairement le roman. Chacun doit avancer à son rythme. Vouloir enfiler toutes les pages d’un bout à l’autre n’est pas forcément le meilleur moyen.

Les personnages, trop nombreux au début, deviennent attachants au fur et à mesure. J’ai vibré avec eux dans Norska, chuté avec eux dans l’Extrême-Amont. Certains personnages restent malgré tout très en retrait à tel point qu’à la fin du roman, on peut se demander qui il était et où il était dans l’intrigue.
Mes deux passages favoris sont la halte à Alticcio et le passage de Norska à l’Extrême-Amont. Alticcio nous réserve énormément de surprise pour le nœud de l’histoire, mais c’est aussi le lieu d’un duel entre Caracole et un maître de la parole. Les littéraires jouiront devant les exercices de style.
En d’autres termes, La Horde du Contrevent est un livre à l’écriture et la conception élitiste mais qui veut emmener avec soi le plus de monde possible à son bord pour (re)découvrir une philosophie existentialiste. Il est difficile de le résumer sans en dévoiler de trop. je vous invite donc au voyage en vous demandant de patienter avant de sauter du train, car les personnages eux aussi luttent pour survivre.

En ce qui concerne la bande originale, elle est intéressante mais elle n’a pas ce quelque chose de magique qui vous transporte ailleurs. Elle donne une ambiance qu’on saisit plutôt bien à la lecture, mais un CD un peu en retrait par rapport au roman. Alain Damasio écrase malheureusement tout le monde !

Note :

5 commentaires sur “La Horde du Contrevent d’Alain Damasio

  1. C’est tout à fait ça : l’envie de vouloir tout comprendre… Et accepter le pacte 🙂 je l’ai lu en grand format (et que j’aime le marque-page !). Pr contre, je l’ai lu d’une traite mais c’est un roman que je lirai avec plaisir… Sans doute y découvrirai-je des choses qui m’ont echappées la première fois. J’ai plusieurs personnages préférés, mais cela a pas mal évolué au cours de la lecture (bien que je n’accroche pas du tout à Golgoth). Une très bonne lecture 🙂 par contre, je conseillerai de découvrir la musique à un autre moment, pas forcément au rythme de la lecture car je trouve que cela « spoile » pas mal

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    1. Pareil, j’pense qu’il faudrait plusieurs lectures pour tout comprendre. Y a des choses sur lesquelles on fait l’impasse pour mieux avancer.

      Oui la bande son est vraiment à découvrir après, ou alors écouter les pistes des chapitres qu’on a déjà lu pour voir si ça correspond à l’idée qu’on s’en fait 😀

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Les commentaires sont fermés.

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