LC : Notre-Dame de Paris de Victor Hugo

Notre-Dame de Paris, un livre que je n’aurai jamais rouvert si la lecture commune de Livraddict ne s’était pas présentée. J’en avais un souvenir laborieux malgré toute ma bonne volonté de jeune littéraire de 16 ans. Le deuxième essai m’aura conduit un peu plus loin, puis échec. Ce n’est qu’à la troisième tentative que j’ai enfin réussi à finir ce pavé. Et quel pavé ! Jamais je n’ai vu un livre avec autant d’idées à la fois. On passe d’un sujet à un autre avec tant de burlesque que je me suis crue à la fête des fous ! Ne m’en voulez pas pour mon résumé des plus décousus… et qui ne résume rien.

Pas d’édition de référence cette fois-ci, j’ai commencé sur Kindle puis terminé sur Pléiade parce que je ne supportais plus les fautes d’orthographe de l’édition numérique.

Titre : Notre-Dame de Paris
Auteur Victor Hugo

Résumé

Notre-Dame de Paris, cette belle dame de pierre est témoin de tragiques événements. Comment un prêtre, fasciné par les sciences et l’architecture, peut-il aimer une femme ? Le diable semble s’être glissé en lui. Quasimodo, son fils adoptif si éloigné de la beauté de Phoebus et pourtant moins repoussant que son maître est tourmentée par les corneilles du destin.

Tout commence par une joyeuse fête où les grands du monde deviennent misérables et burlesques face au peuple et aux gitans. Tel le peuple de Paris, Notre-Dame est faite de différentes ethnies, de périodes. Victor Hugo se défend de l’appellation architecture gothique et préfère nous livrer la longue histoire de l’île de la Cité après avoir perdu Gringoire dans les rues sombres du Châtelet et dans la Cour des Miracles. Esmeralda l’y sauve en se mariant avec lui. Le pot cassé en est le témoin. L’histoire débute très tardivement et c’est après avoir campé tous les personnages dans les moindres détails que l’on peut retrouver l’intrigue que l’on connaît : Frollo qui essaie de faire enlever Esmeralda, mais qui est sauvée par Phoebus ; Esmeralda qui retrouve le capitaine à la nuit tombée, tiraillée entre sa virginité qui lui fera retrouver ses parents et son désir d’être à Phoebus ; Frollo qui traque la nuit tous les personnages pour mieux les tourmenter…

Le Destin des tragédies s’abat sur Quasimodo, puis Phoebus, ensuite Esmeralda pour finir sur Frollo. Mais quel Destin ! L’œuvre est si décousue qu’on ne peut résumer le roman qu’en deux phrases.
C’est l’histoire d’hommes et de deux femmes : un prêtre qui traque les personnages pour posséder la jeune Esmeralda et Notre-Dame qui possède ses habitants, surtout Frollo. Notre-Dame de Paris, c’est le mal-être d’un peuple et l’injustice de la condamnation à mort d’amours impossibles.

Mon avis

J’ai trouvé Notre-Dame de Paris très brouillon. Ce roman rassemble toutes les idées du maître mais avec la fougue de sa jeunesse. On retrouve tous ses thèmes de prédilection : la condamnation à mort, le mélange des genres, la chute des idéaux littéraires et politiques. On retrouve tous les éléments d’une tragédie qui, sous la plume de Victor Hugo, est burlesque. C’est le principe du mélodrame. La différence étant que la fin aboutit tout de même à la mort. C’est un message politique fort venant de Hugo, mais qui est mieux traité dans Ruy Blas par exemple.
On remarque aussi qu’entre Notre-Dame de Paris et Les Misérables, Hugo a changé de style. Le burlesque est devenue une ironie en demi-teinte, le roman historique devient encore plus engagé et on retrouve davantage un fil conducteur. Dans Notre-Dame de Paris, la fête des fous -pourtant absente du roman- représente parfaitement l’ambiance générale du roman. On saute du coq à l’âne, on passe du rire aux larmes, de la joie à l’angoisse. La folie de Frollo entraîne tout le monde, comme si Notre-Dame le possédait et voulait être reconnue comme entité entière. D’un autre côté, Hugo nous décrit tant la cathédrale qu’on peut presque la voir sous les traits de Quasimodo. Notre-Dame est un personnage tourmenté. Il n’y a plus que Frollo qu la comprenne, qui sache lire l’architecture comme nous lisons les livres de nos jours.

Si au début, j’ai eu beaucoup de mal à entrer dans le roman, passé la moitié j’ai enfin réussi à me lancer. Il m’aura fallu tout de même faire un petit tour par l’introduction de la Pléiade pour me remettre dans le bain. Victor Hugo utilise des mots simples et accessibles à tous, mais ses idéaux sont tellement forts et entremêlés de partout qu’on peut s’y perdre. Ajouté à cela sa fâcheuse manie de tout expliquer jusque dans le détail presque inutile qui perd facilement son lecteur. Sot dit en passant que pour Hugo, cette tendance à vouloir aller toujours plus vite à l’intrigue serait une attitude féminine. Il serait bien blasé de voir qu’aujourd’hui, les chapitres documentaires ne repoussent pas que les femmes.
Enfin, je dirai que le film du Bossu de Notre-Dame de Paris dépeint à merveille la seconde moitié du roman. Les ambiances sonores correspondent à la folie tragique de Frollo, l’introduction du film sur le parvis de Notre-Dame retranscrit l’oppression qu’imposait la cathédrale. Malheureusement, le livre étant trop touffu, beaucoup de choses ont changé. L’amulette d’Esmeralda est censée l’aider à retrouver ses parents. Esmeralda doit être pendue en place de grève et non brûlée, son apparition devant l’église est là pour lui faire reconnaître publiquement ses torts. Phoebus est le symbole du mâle en puissance et pas un simple dragueur. Etc. Je dirai que seules la double facette de Quasimodo et le personnage de Frollo ont bien été repris. Ce sont bien deux œuvres distinctes, mais on apprécie d’autant plus le film si on connaît le livre.

En bref, un roman puissant qui s’adresse à des lecteurs avertis. On est très ancrés dans l’esprit du XIXe siècle et dans la poétique de Victor Hugo.

Note :

5 commentaires sur “LC : Notre-Dame de Paris de Victor Hugo

  1. Coucou,
    J’aime beaucoup ton article, en plus d’avoir réussi à faire un résumé personnel qui détaille vraiment bien l’histoire dans ses grandes lignes, tu fais beaucoup de parallèles avec les autres oeuvres du Monsieur. Chapeau bas, je trouve cela excellent et permet d’être guidé vers d’autres romans ou en tout cas de comprendre un peu mieux Victor Hugo.
    Il est vrai qu’il est difficile de tout comprendre dans cette oeuvre sans avoir l’aide d’une introduction, j’ai moi même du lire celle qui était proposée dans mon édition (chose que je fais très rarement).
    Je pense que nous n’avons pas eu tout à fait le même rythme pour cette lecture, car contrairement à toi j’ai bien accroché au début, puis j’ai eu un gros coup de mou au milieu et j’ai beaucoup aimé la fin, alors que pour toi c’est allé crescendo.

    En tout cas je suis ravie d’avoir lu ce livre et ton article détaillé qui est vraiment passionnant et qui j’espère donneras envie à plein d’autres personnes de lire Victor Hugo.

    Bises et bonnes lectures.

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    1. Merci ^^ Surtout pour des auteurs comme Victor Hugo, je trouve que c’est toujours bien d’avoir quelques références sur ses autres écrits pour qu’on puisse se faire une idée.
      C’est un résultat un peu faussé je pense pour le rythme parce qu’en fait j’ai essayé de reprendre à partir du moment où je m’étais arrêtée la dernière fois (après 3 essais, tu commences à bien connaître le début !)

      Merci beaucoup !

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  2. J’ai énormément aimé cette lecture même si elle m’a fait souffrir parfois et si elle m’a perdu. J’adore le style de l’auteur qui est très fort, très puissant. J’ai tout ressenti de façon intense. Pour le film, je l’ai vu étant petite et je ne me souviens de presque rien (sauf de la scène de la Question qui m’avait traumatisée). Il me plairait beaucoup de le revoir maintenant pour justement comparer !
    Bises ^^

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  3. Salut,

    Merci beaucoup d ‘avoir participer à la lecture commune sur livraddict.
    J’ai également eu beaucoup de mal avec le début de l’histoire mais une fois arrivé à la moitié, on est lancé !

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  4. Bonjour,

    Mes propos rejoignent ceux de Ewatoppno, Anassete ta critique est d’autant plus réussie qu’il est toujours difficile de commenter une telle œuvre. Que l’on apprécie l’auteur (d’un point de vue littéraire), ou l’homme (engagé politiquement) ou aucun des deux, une dose de modestie est toujours nécessaire avant de se plonger à l’intérieur de tels chefs d’œuvre.

    Notre Dame de Paris n’est pas facile à lire, et en particulier les passages descriptifs. Ceux-ci ont pourtant eux une influence décisive. C’est grâce à eux que la France du XIXè s’est éprise de la période gothique, époque considérée comme obscure et de peu d’intérêt avant cela.
    Pour le lecteur d’aujourd’hui (même pour l’adepte du XIXè siècle), les choses sont différentes : le message d’humanité devient le plus important. Le lecteur devra être très patient, mais moins que pour les Misérables avant de le découvrir !

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