Dracula de Bram Stoker

‘Alone with the dead! I dare not go out, for I can hear the low howl of the wolf through the broken window.’

J’avais déjà commencé la lecture de ce roman en français et j’ai abandonné au début du chapitre 3 sur 26. A peine 20 pages, au grand désarroi d’une amie qui m’a vivement conseillé de passer à la VO. Si la langue est bien mieux passée, l’intrigue m’a tout de même parue encore un peu vieillotte. Plus exactement, il y a eu des moments d’extrême longueur et des moments de suspense intenses. Un bilan mitigé que je vous propose à l’occasion de la sortie des Penguin english library.

Titre : Dracula (9780141199337)

Auteur : Bram Stoker

Nombre de pages : 464

Personnages principaux : Johnathan Harker, Mina Harker, Dr John Seward, Van Helsing, Morris Quincey, Arthur Holmwood lord Godalming, Lucy, Dracula.

Résumé

Jonhathan Harker est envoyé au château du comte Dracula, en Transylvanie, pour parler de la maison que son chef, notaire, a trouvé pour le Transylvanien. Avant même de pénétrer dans son enceinte, Harker se retrouve plongé au cœur d’une ambiance angoissante : des villageois qui se signent, on lui offre un crucifix, des loups poursuivent sa voiture, etc. En très peu de temps, la véritable identité du comte est révélée au lecteur. Mais attention, nous, lecteurs (modernes et contemporains), savons ce qu’est un vampire. Les personnages, eux, n’en savent rien. Le nœud de l’intrigue est là : un homme, qui n’a pas de reflet dans un miroir et qui enferme un visiteur dans son château hanté, devient le centre d’attention d’un groupe de 6 personnes qui va se former progressivement.

Mina Harker est amie avec Lucy qui va devenir progressivement un vampire. Sa transformation fait l’objet de plusieurs journaux intimes et on peut à la fois connaître les pensées de la jeune femme et celles de son entourage.
Le Dr John Seward, Quincey et Arthur Holmwood lord Godalming sont trois prétendants de Lucy avant que celle-ci ne se fasse mordre par la Chose. Arthur deviendra son fiancé. Van Helsing est le médecin et mentor appelé par le Dr Seward quand il ne sait plus quoi faire pour Lucy. Tous sont liés les uns aux autres par ce personnage, avec qui ils vont partager leur sang. Ce sera au tour de Mina de prendre ce rôle par la suite, qui deviendra une remplaçante plus courageuse que Lucy.

Simultanément à Londres plusieurs événements étranges surviennent. Un bateau arrive à quai en plein brouillard sans équipage. Des loups se baladent. Des enfants sont retrouvés avec des traces de morsure au cou. Le patient Renfield, zoophage, du Dr Seward est ultra sensible à ce qui se passe dehors et a de nombreux troubles du comportement.

Le chaos semble s’abattre sur la ville : Dracula a choisi sa nouvelle demeure, mais notre groupe de héros est là pour veiller à ce qu’il n’y reste pas.

Mon avis

Je dirai pour la défense de ce livre qui m’a un peu déçu qu’il a mal vieilli. Il utilise des ressorts propres au 19e siècle qui peuvent nous paraître obsolètes dans une histoire sur Dracula. Il vaut mieux vous lancer en oubliant tout ce que vous avez pu lire ou voir sur le personnage. L’action que l’on pourrait avoir en milieu de film ne se trouve qu’à la toute fin du livre. C’est davantage un livre sur la terreur et la découverte d’un monstre manipulateur.

Des moments plein de suspense et qui tiennent en haleine mais aussi beaucoup de longueurs. Si vous n’aimez pas le genre épistolaire, vous aurez du mal aussi avec ce livre. Bref, Dracula est un cocktail que seules certaines personnes peuvent apprécier pleinement. Mettez-vous dans l’ambiance des romans gothiques victoriens pour saisir toutes les nuances. Par exemple, ce qui m’a étonnée au premier abord, ce sont les nombreuses scènes paranormales qui se passent à Londres (morts, crânes fracassés, zoophagie, nuit mouvementée par un vampire, mort subite, etc) qui ne peuvent être reproduites en Transylvanie. Comme si ce pays était le mal absolu ou l’inconnu et donc que les lecteurs contemporains auraient trouvé ça plus déplacé et plus scandaleux si cela s’était passé là-bas.

Dernier souci, j’ai trouvé la fin un peu bâclée par rapport à la scène précédente où Van Helsing tue les vampirettes. C’est presque trop facile même si Johnathan et Quincey y mettent tout leur cœur. L’attente de « l’assassinat » du comte est un peu longue également. Trop de suspense tue la surprise finale. On a l’impression de tomber de haut.

Au-delà de ces aspects qui m’ont un peu bloquée durant ma lecture, le livre alterne les points de vue pour rendre le récit plus vivant et plus vrai. Le biais du journal intime, coupé par des revus de presse ou des télégrammes donnent l’illusion de la vérité et accentue le côté angoissant. L’ambiance est digne des romantiques anglais : beaucoup de pathos entre les héros mais en contrepartie des personnages qui veulent être héroïques tout en restant humains. En se remettant dans le contexte de l’Angleterre puritaine, on peut pleinement apprécier les jeux de Bram Stoker sur les sous-entendus érotiques, l’horreur des situations ou encore la transformation vampiresque des deux personnages féminins.

En bref, un avis plutôt mitigé sur ce roman mais qui a le mérite de ne pas laisser indifférent quand on oublie les passages inutiles des journaux intimes. Dracula reste un roman vraiment très sombre que les amateurs de bit-litt se doivent de lire pour comprendre l’évolution d’un genre, d’un personnage et de la perception d’une ambiance. Certaines personnes dévoreront le livre et d’autres auront plus de mal.

Note :

5 commentaires sur “Dracula de Bram Stoker

  1. Mince, je pensais que Dracula brillait au soleil et qu’il était végétarien. Et qu’il buvait quand même du sang de coyote.
    Je t’ai déjà parlé du vampire hémophile ?

    Blagues mis à part, l’édition du livre est jolie. Les passages de journaux intimes que tu n’aimes pas sont peut-être dus au fait qu’ils servent à se reposer et à réfléchir sur les futures actions, non ? Bien sûr, ça casse le rythme, mais je ne sais pas si Dracula était lui aussi publié chapitre par chapitre à l’époque.
    Ca pourrait expliquer les quelques lourdeurs, pour faire durer le suspens et laisser les doutes planer.

    Je me souviens dans certains livres que j’avais lu où il y a des chapitres inutiles ou autre, mais ils étaient là pour nous reposer de l’action passée ou pour faire, euh… plus d’argent pour son auteur.
    Enfin tu connais ça.

    J'aime

    1. J’ai un vague souvenir d’un vampire qui avait un accent russe et qui est mort après une plaie infligée sur son corps °°

      Oui l’édition est jolie et en plus c’est résistant aux coups et aux maltraitances inopinées, genre quand tu mets ton livre dans ton sac (la grande aventure du livre voyageur). Bon par contre quand tu transpires des doigts, ça laisse des traces. Mais si tu frottes ça part.
      Logiquement oui, et c’était prévu pour cela à mon avis aussi à l’époque. Mais du coup le livre a quand même vachement vieilli par la même occasion. J’ai pas réussi à voir si le livre était d’abord publié dans un journal. Je le suppose comme toi.

      Ouais mais tu vois, des fois c’était aussi ennuyeux qu’un Stendhal dans sa Chartreuse de Parme

      J'aime

      1. Ah, dommage. Cette adaptation était remarquable quand même.

        C’est bien ce que je me disais, c’est donc pas un livre à lire dans le RER quand on est bien coincés et qu’il fait bien chaud.
        Au vu des coupures, ça me paraît assez logique. Ensuite peut-être que ces chapitres-là sont fait pour la pause café (euh thé pardon) que tu lis en diagonale sans vraiment t’y intéresser parce que Brigitte t’a dit que son nouveau parfum sentait très bon et qu’elle a acheté un canari (je n’ai rien contre les Brigitte).

        C’était marrant la Chartreuse de Parme, surtout quand le héros se met à écrire de longues tirades avec une lampe pour parler à sa bien-aimée. Ca relève de la science fiction.

        J'aime

        1. L’une des éblouissantes que je n’ai jamais connues en effet.

          Bah ça dépend…. Si tu parles du B, nope faut pas le lire. Mais dans le A ça va encore.
          Oui mais même ce que t’as dit avant sur le coup du « se reposer », ça m’a rappelé les phases de jeu dans Assassin’s Creed. C’est vrai que quand t’es sur quelque chose d’angoissant faut faire des pauses. Je sais pas par contre si on lisait Dracula dans les salons !

          J’avais oublié ça, faut vraiment que je remette dedans v_V

          J'aime

  2. Holà ! Je me présente, je m’appelle Marie, je voudrais écrire car pour demain j’ai une recherche à faire en anglais sur le comte Dracula, pour le moment de ce que j’ai lu ce livre, ne m’a pas l’air vraiment mauvais au contraire ! Attention je ne veux pas vous mettre à dos juste donner mon avis ! Pour moi, Dracula est une légende vivante… Je m’explique : lorsque qq vous parle de Dracula dans une conversation vous savez directement de quelle légende il parle ! Je trouve que ce livre est magnifiquement bien écrit (pour ce que j’ai lu bien-sûr) Voilà ! 🙂

    J'aime

Les commentaires sont fermés.

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :