La Nuit des elfes de Jean-Louis Fetjaine

Ensi jurent li rois et Ygraine cele nuit, et en cele nuit engendrait il le boin roi qui fu apielés Artus.

Suite de la Trilogie des elfes pour Challenge ABC avec La Nuit des elfes, 2e roman qui remplit son rôle de transition et de cliffhanger. Une première moitié très lente et une seconde moitié fulgurante qui permet au cycle de s’éloigner de son éternel comparé, Le Seigneur des Anneaux.

La Nuit des elfes va nous expliquer comment on est parti d’une guerre entre elfes et nains pour terminer sur une guerre sainte souhaitée par l’archevêque du cycle. Nous sommes ici dans le pourquoi alors que le dernier tome sera le comment. Un tome avec beaucoup de profondeur mais que j’ai malheureusement lu parfois en diagonale quand les descriptions décrivaient les descriptions. Toujours ce même souci du dosage, mais sous une autre forme.

Exceptionnellement, je ferai un court résumé par volume et donnerait un avis pour chacun. Faire un article synthétique risquerait de ne pas montrer ce que j’ai vraiment aimé ou détesté.

Titre : La Trilogie des Elfes, tome 2 : La Nuit des elfes (ISBN : 9782266183765)
Auteur : Jean-Louis Fetjaine

Nombre de pages : 268

Personnages principaux (ordre d’importance) : Lliane, Uter, Merlin // Gorlois, Llandon, Ygraine // Ulfin, Bran.

Résumé

Souvenez-vous, les nains ont réclamé justice. L’histoire reprend avec leur guerre qui s’éteint. Dans le même temps que la Montagne Rouge s’effondre et Pellehun est décapité par Rodor. Pour continuer les aventures d’Uter et Lliane, nous allons osciller entre différents points géographiques pour retrouver les personnages. La reine des elfes a accouché d’une bâtarde et est rejetée par Llandon, son mari. Uter a rejoint l’un des anciens preux Ulfin et le nain Bran pour partir à a recherche de Lliane. De son côté, le sénéchal Gorlois finira par devenir roi bien après avoir forcé la reine Ygraine.

La brume s’abat littéralement sur le peuple des hauts-elfes et métaphoriquement sur le royaume des humains. Lliane décide d’élever sa fille sur Avalon après la prophétie druidique et le fratricide involontaire. Son époux est parti en guerre contre les humains dans l’espoir de retrouver Uter qui lui a volé sa femme. A Loth, les festivités battent leur plein avec le remariage d’Ygraine et le tournoi organisé à cette occasion. Mais derrière l’intensité de la joie du peuple se cache le désespoir royal et clérical.

Un roman qui met au premier plan un combat entre la religion druidique d’un côté et le culte du Dieu unique sous ses atours les plus noirs. Guerre, meurtre, viol, exil mais aussi Élu, naissances, divinité et expiation. La fusion de Lliane et Uter est très symbolique. Ils ne seront réunis physiquement qu’un « court » moment, mais tout le roman tourne autour de leur symbiose.

Mon avis

Finie l’épopée héroïque, nous entrons enfin dans le cœur du sujet : les prémices de la guerre sainte. Et c’est cet hospice défavorable aux peuples dits féériques que nous découvrons une autre personnalité aux personnages déjà rencontrés auparavant. On s’y attache complètement différemment. Autant je trouvais Lliane hautaine et incarnant parfaitement la mary-sue dans le tome 1, autant ici elle gagne en profondeur. A contrario, Uter, qui était attachant et représentait le bon petit héros standard, est ici complètement tourmenté et manipulé par ceux qui l’entourent : Merlin, Lliane, les trois peuples, Ygraine, et même Excalibur si on y réfléchit bien.
L’univers devient vraiment très noir, mais cela me rassure pour la suite dans le tome 3. J’avais peur d’avoir une énième copie du Seigneur des anneaux. Les motifs sont les mêmes, mais dans La Nuit des elfes, Fetjaine arrive vraiment à s’en détacher avec des thèmes phares : symbolisme et mysticisme. Ces deux mots résument très bien tout le chaos qu’ont engendré les guerres qui se déroulent dans ce tome. Celle des nains prend vite fin et on assiste aux débuts d’une autre qui va s’interrompre brutalement avec le choix d’Uter, devenu le Pendragon.
N’étant pas une fine connaisseuse de la culture celte, j’ai bien apprécié que Fetjaine explique les différentes légendes qui tournent autour du personnage d’Uter comme Kariad l’homme aimé des deux reines ou encore le Pendragon. De son côté, l’Avalon est réduit à un imaginaire chrétien non pas pour détruire ce que nous pouvons imaginer du séjour des dieux mais pour montrer à quel point la folie des hommes et de leur religion unique leur a fait oublier les cultes païens.
Un dernier point qui mérite d’être saluer : la reproduction d’ambiance de chanson de geste à certains moment. La description du mariage de Gorlois et d’Ygraine ainsi que celle du tournoi sont de véritables mines d’or d’informations et de culture du Moyen-âge ! J’ai eu l’impression de lire de vrais romans de ce temps-là ! Paradoxalement, c’est essentiellement cette partie que j’ai eu le plus de mal à lire et que j’ai parcouru en diagonale. Mais cela n’enlève rien au défi relevé par Jean-Louis Fetjaine.

Néanmoins, il reste un côté très négatif dans cette lecture. Même si à présent nous changeons souvent de point de vue pour rendre la lecture plus dynamique, les descriptions sont encore trop nombreuses. J’ai l’impression que l’auteur a eu peur que son lecteur ne soit pas capable de comprendre que ce petit détail là, qui ne sert à rien d’ailleurs, était là ! Trop de détails tuent l’imaginaire. Ce n’est plus un souci de descriptions sorties de nulle part et qui cassent le rythme de la narration, mais celui d’une trop forte concentration des détails. Il existe un juste milieu entre la chanson de geste et la description du bouclier d’Achille dans l’Iliade. Fetjaine est encore trop du côté d’Homère.
Autre point qui m’a beaucoup troublée : la fin. Quelqu’un pourrait me citer tous les noms des morts dans les deux derniers chapitres ? Est-ce que cette Personne est morte ? A priori, non vu qu’on la retrouve vivante dans les dernières pages. Mais dans ce cas, est-Elle là ? N’était-Elle qu’une vision d’Uter ? Est-ce Merlin qui a lancé une vision du corps de Lliane ? J’ai été tellement embrouillée que j’ai cherché sur le net des réponses pour comprendre. Ça a beaucoup retardé ma lecture.
Enfin, autre problème à mes yeux : des personnages nombreux certes, mais qui servent au décor. Un Bran très mal exploité, un Ulfin qu’on associe plus à une plante qu’à un chevalier et un Léo de Grand que je croyais mort pendant le tournoi. Une fin un peu pathétique pour Llandon, un peu trop facile. Ah oui, et une minuscule apparition de Fréhïs le Barbare. Une minute de gloire et paf plus rien. Dans tout ça, j’ai trouvé aussi que les humains étaient trop facilement méchants. Seuls les elfes arrivent à être multi-facettes alors même que leur nature le leur interdit.

Cependant, Fetjaine semble s’améliorer à chaque tome dans son écriture donc je m’attends à quelque chose de meilleur pour la fin. Car oui, maintenant je suis très impatiente de connaître le fin mot de l’histoire !

Note :

2 commentaires sur “La Nuit des elfes de Jean-Louis Fetjaine

  1. J'ai lu la trilogie il y a bien longtemps (plus de 10 ans…!), quand je lis ton billet j'ai quelques bribes de souvenirs mais je ne me souviens pas de certains éléments. Sur l'ensemble de l'oeuvre, je sais que j'en garde un bon souvenir de lecture 🙂

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  2. En fait je me suis rendue compte il y a quelques que je me suis trompée de titre. C'est La Nuit des elfes et non L'heure des elfes… J'avais lu juste avant le titre du tome 3 et machinalement je l'ai écrit partout ^^;

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