Madame Bovary de Flaubert

Quand le romantisme s’en prend aux âmes trop affaiblies par une société qui enferme les femmes dans une éducation prédéfinie.

Il y a un véritable message derrière ce livre… mais quelle plaie. J’ai eu énormément de mal à le lire. Plus d’une fois, j’ai refermé le livre, jusqu’à la clôture fatidique. J’ai tout de même eu le temps de me faire une idée du roman. A prendre ou à laisser.

Ainsi donc Madame Bovary, derrière son aspect ennuyeux et amorphe, cache des idéaux très forts qui avaient marqué ses contemporains. Je vous rappelle que ce livre a été traîné au tribunal pour atteinte à la morale publique. Vous me permettrez tout de même d’être sceptique. Certes, il y a bien de cela dans le roman, mais un œil non averti ne le remarque pas à notre époque. Il faut donc avoir en mémoire le contexte pour comprendre ce roman. Il me semble que certaines œuvres gardent leur scandale et deviennent intemporelles. Je pense notamment aux Fleurs du mal qui ont été condamnées pour la même accusation.
Flaubert se distingue également de ses contemporains par le fait qu’il n’écrivait pas pour vivre. Son style est donc radicalement différent d’un Balzac ou d’un Zola. Les phrases ne sont donc pas d’une longueur interminable et il utilise (en tout cas il essaie) d’utiliser à bon escient les descriptions.

Chacun est juge. Quant à moi, comme disait l’autre, j’ai lâché l’affaire et je n’ai pas honte de le dire.

Titre : Madame Bovary (ISBN : 9782253004868)
Auteur : Gustave Flaubert

Nombre de chapitres : 35
Nombre de parties : 3
Nombre de pages : 576

Personnages principaux : Charles Bovary, Bovary père, Bovary mère, Emma, Léon le clerc, M. Honais.

Résumé

Charles Bovary est un enfant simple qui aurait pu être doué pour les études. Malheureusement, son père était contre cette idée et ce n’est qu’après ses douze ans que Charles entre au collège. Il réussit à rester un élève moyen, entre en école de médecine, réussit son examen au bout de la deuxième fois et devient médecin de campagne. Sa mère le marie tout de suite à une femme de quarante-cinq ans qui le dégoûte.
Un jour, Charles doit soigner un paysan qui s’est blessé la jambe. Il tombe amoureux de sa fille, Emma. Il retourne souvent à leur ferme pour courtiser dans le silence la jeune fille. A la mort de sa femme, il décide d’épouser la jeune fermière. A la fin du deuil, les noces sont célébrées dans une ambiance très campagnarde et où Madame Bovary mère a du mal à trouver sa place. Charles est si heureux qu’il est toujours bon avec sa nouvelle épouse, mais cette dernière commence de le détester…
Ils emménagent ensemble à la campagne mais très vite Emma s’ennuie. Elle aurait voulu être un homme pour avoir sa liberté, mais elle est enfermée dans sa propriété, attachée à une pauvre levrette offerte par un ami de Charles. Sa vie de femme mariée contraste beaucoup avec ses aspirations à la religion dans sa jeunesse au couvent.
La vie d’Emma vie est bouleversée avec un bal donné en ville. Elle peut enfin se sentir vivre, elle qui vient de la campagne et qui ne connaît que trop la beauté de la nature. Elle s’éloigne de plus en plus de Charles. Alors qu’elle apprend sa grossesse, elle réussit à rompre la terrible monotonie de son couple : ils vont déménager pour Yonville. Partir de la Normandie.


La vie de Madame Bovary ne change pourtant pas radicalement. Son entourage voit par contre le couple comme des individus hors norme et souhaite à tout prix faire parti de leurs connaissances. On assiste à un style de vie mondaine dans un cadre bien plus simple et restreint : celui d’une taverne. Emma Bovary est très vite attirée par un jeune clerc qui l’accompagne jusqu’à la maison de la nourrice de sa fille. Les habitants voient cela d’un mauvais œil, mais la jeune femme n’est pas du genre à laisser les autres choisir ce qu’elle doit faire. A la taverne, elle cause avec les hommes, lit l’Illustration et donne son avis sur les débats. Son activité principale reste néanmoins la conversation autour de la littérature avec son jeune ami. Charles n’est pas jaloux. Le jeune clerc, lui, ne sait comment se déclarer. Il n’ose se mettre en travers du chemin du mari car celui-ci est à ses yeux une partie d’Emma, qu’il adore.

Reste à savoir comment cette relation adultère va prendre forme avec tous ses attraits romantiques !
Mon avis :
Mon avis sera court : je me suis ennuyée comme un rat mort. Et pourtant j’ai l’habitude des romans psychologiques. Je n’ai pas changé d’avis depuis le lycée, si ce n’est sur le style. Et encore.

Bon, développons un peu quand même. Le style de Flaubert est fluide et facilite grandement la lecture mais j’ai eu une impression de trop grande vitesse. Je n’ai pas réussi à m’attacher à Emma. J’ai bien vu qu’elle avait des tendances dites féministes pour l’époque -ou en tout cas, des idées pas bien vues dans la tête d’une femme-, mais je l’ai trouvée affreusement fade. Je me suis sentie beaucoup plus proche de Charles, même si son effacement est entièrement volontaire. Le livre m’est tombé des mains (enfin c’est une image, pauvre cybook), alors je n’ai perçu qu’en partie l’ironie de l’auteur ou du narrateur.
Je n’ai pas trouvé que le style était pur et extrêmement travaillé. Certes il coule de source mais on dirait simplement que Flaubert sait raconter des histoires. Je pense qu’on parle généralement assez mal de son écriture. On s’attend à quelque chose de majestueux mais il s’agit bien plus d’une maîtrise de la langue. On ne sent pas la fausse note. C’est peut-être aussi ce dénuement qui est la clé de la beauté du texte, face au romantisme ou au naturalisme.
Cependant je serai tout de même curieuse de lire Salambô. Je suis tout à fait capable de préférer ce livre-ci à Madame Bovary.

En conclusion, ce roman touchera certains et laissera de marbre les autres. J’ai quand même l’impression que le livre a mal vieilli. Nous alarmer sur les dangers du romantisme est fort bien… pour ceux qui ne savent pas faire la différence entre le réel et l’imaginaire. C’est certes une très grande thématique de la littérature, mais l’intrigue est tellement pauvre que je n’ai pas réussi à être leurrer. Je suis heureuse d’avoir lu ce livre en ebook et non en papier. Je regrette Anna Karénine. J’ai encore abandonné Emma en cours de route. Désolée, mais je suis sûre que tu trouveras ton bonheur ailleurs.

Note :

Aller plus loin dans la négation ?

2 commentaires sur “Madame Bovary de Flaubert

  1. Hm dommage que ça ne te plaise pas. Je peux comprendre, c'est parfois un peu longuet mais ça se lit bien. Et puis tu rates la scène finale qui est quand même… ! C'est un roman que je n'ai pas lu au lycée (j'ai fait S et ai un paquet de classiques en retard^^) mais j'ai rattrapé ça l'année dernière, on l'a un peu étudié. Il faut effectivement remettre en contexte mais malgré ça, je trouve la prose de Flaubert extrêmement moderne. Il a une ironie vraiment savoureuse ; la scène du fiacre est assez énorme (ça doit être dans la 2e partie je crois). C'est aussi lui "l'inventeur" de la phrase qui commence par "Et…", ça nous paraît normal aujourd'hui mais quelle rupture pourtant ! Ce qui est intéressant dans Madame Bovary, ce paradoxe de la petite bourgeoisie campagnarde qui aspire à mieux alors que ses essais pour s'élever au-dessus confinent au ridicule. Emma veut aller au-delà des clichés qui l'emprisonnent mais elle se retrouve coincée dans d'autres clichés, ah, bah, c'est l'ironie flaubertienne on dira x)Bref, je voulais défendre un petit peu le livre ^^ Je l'ai beaucoup plus apprécié que l’Éducation sentimentale (là, tu t'emmerdes vraiment, Frédéric est une moule). J'ai aussi envie de lire Salambô, tiens, puisque tu en parles 🙂

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  2. Ah mais vas-y, défends-le ! Surtout que je ne suis pas allée jusqu'au bout X)"Ce qui est intéressant dans Madame Bovary, ce paradoxe de la petite bourgeoisie campagnarde qui aspire à mieux alors que ses essais pour s'élever au-dessus confinent au ridicule."=> ça se sent assez vite oui, mais bon c'est comme pour Molière. Je vois les mécanismes mais je ne ris et je ne souris pas. Enfin, c’est peut-être un entraînement. Un peu comme avec Voltaire qui nous laisse stoïque au collège et avec qui on s'éclate le ventre au lycée ou l'université ^^;AH ! L’Éducation sentimentale… Même Crébillon fils avec Les Égarements du cœur et de l'esprit c'est plus vivant. J'ai cru qu'il allait être plus digeste… et j'ai dû arrêter au milieu. Mais pas à cause du style, au contraire pour le coup c’est ce qui me faisait avancer très vite.Je te remercie d'avoir sauvé des eaux cette pauvre Emma que j'ai coulé !

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