Les Pléiades sont aussi pour le peuple

Alors que l’on vous parle de rentrée littéraire par ci, de rentrée littéraire par là, les classiques eux trônent toujours parmi les ventes les plus sûres des maisons d’édition. Je vous propose un petit détour sur eux avec en illustration les neuf meilleures ventes en 2007 de la Bibliothèque de la Pléiade, Apollinaire y manquant.

La Pléiade, en édition, est une collection prestigieuse pour les auteurs qui y entrent. Pour les lecteurs, c’est un objet à la fois rare, beau, coûteux et dont l’utilité paraît moindre quand on voit qu’il existe des éditions poches bien plus accessibles pour tous ces titres. Et pourtant pour bien des raisons vous avez peut-être, lecteurs aguerris ou admirateurs, laissé glisser votre œil sur leur rayon en librairie et fui rapidement au souvenir du prix. Car oui, il est surtout question d’argent dans cette affaire.

Cela fait quatre ans je commande quelques volumes de cette collection (trois et bientôt cinq) non pas pour les regarder dans leur bel étui mais pour savourer de magnifiques œuvres sur un papier qui permet au livre de diminuer de moitié la taille, tout en conservant son format de poche. Mais voilà, comme vous, le prix me fait peur. Alors j’ai décidé de les acheter uniquement d’occasion. Vous êtes nombreux à y avoir penser. Peut-être le faites-vous déjà ? Cette alternative permet de sauver une bonne partie de nos économies.

Dans ce petit billet, je souhaite vous prouver que les Pléiades, ce n’est pas que pour les riches. Bien sûr, on ne va pas en acheter à tour de bras, mais se faire plaisir une fois par an, ça peut être agréable ! Mais attention, le milieu de l’occasion fourmille de pièges. Voici ce que j’ai pu constater durant mes recherches.

Règle n°1 : En ai-je vraiment besoin ?

Quels sont les cas de figures récurrents ?

    • J’ai besoin des notes pour mes études (mémoire sur deux ans, thèse, etc).Avoir un tel livre à portée de main est bien plus pratique sur des études de longue durée. Pas besoin de prolonger sans cesse son emprunt à la bibliothèque. De plus, si vous faites une étude aussi approfondie dessus, c’est que vous êtes en quelque sorte fasciné par l’auteur.

 

  • Je suis un grand fan de tel auteur et je veux lui consacrer une partie de ma bibliothèque avec une édition de luxe.Très bon choix, les éditions Gallimard vous remercient d’utiliser cette collection à bon escient ! Mais avez-vous fait une étude comparative des prix, du poids et de la taille des autres éditions du livre que vous convoitez tant ?

 

 

  • J’ai besoin de place et ce volume rassemble assez d’œuvres pour vider ma bibliothèque.L’idée n’est pas mauvaise, mais commencez par vendre vos livres avant d’acheter un volume de la Pléiade. Vous risquez de vous retrouver avec tout sur vos bras. Pourquoi vendre ? Cela vous permettra de le réutiliser pour l’achat de votre livre !

 

 

  • Je veux juste avoir toutes ses / leurs œuvres sous mon nez en un minimum de place, peu importe le format.Il existe une autre solution qui demande un sérieux coût mais qui permet de faire des économies sur tous les livres classiques : l’e-book. Comparez et regardez si cette option n’est pas meilleure.

 

 

  • Je suis un collectionneur de nature.Et bien là, vous êtes un habitué, pas de conseils puisque vous vous y connaissez déjà.

 

Règle n°2 : Êtes-vous fait pour cette collection ?
Un intérieur qui
rappelle les vieux livres.

Oui, c’est une question très importante à se poser. C’est un objet de collection, mais aussi intemporel.

– Le look peut vous rebuter une fois le livre en main : esthétique ancienne, reliure en cuir de peau, code couleur par siècle, papier bible, marque-page en tissu intégré, impression compacte, pas assez glamour et contemporain dans sa mise en page, un dossier de notes conséquent qui rend le livre encore plus gros. Si vous n’y avez jamais été confrontés, allez en bibliothèque pour tester la prise en main.

– Le fait de compiler plusieurs œuvres peut finalement vous décevoir parce qu’un livre est égal à un roman dans votre esprit. A l’inverse, est-ce que finalement un format poche n’est pas plus attrayant qu’un gros volume sur un seul roman ? Une Pléiade ne s’achète pas sur un coup de tête, encore moins si c’est votre premier. Posez vos questions aux libraires, ils sauront vous conseiller.

Règle n°3 : Où les acheter ?

– En brocante c’est encore le meilleur endroit : vous êtes face au vendeur et à l’objet. Vous pouvez observer ce dernier sur toutes ses coutures, parler avec le brocanteur et surtout négocier le prix. Ayez en tête que si le livre paraît quasiment neuf, il sera très difficile de faire baisser son prix.

Des petits éléments peuvent vous aider à évaluer le coût : qualité du livre, état de l’emballage d’origine (car il conserve mieux le papier bible), notes en marge non effacées, cachet de bibliothèque sur la page de garde ou encore année d’impression du livre.

– En bouquinerie : les livres sont très rares et généralement très coûteux. Plus le livre est ancien et bien conservé, plus le prix va augmenter. Si vous faites partie du petit peuple, évitez cette option.

– En magasin de grande surface : certaines enseignes comme Gibert Joseph ou Gibert Jeune proposent à la vente des volumes de la Pléiade. Vous les trouverez en neuf ou en occasion. Les prix peuvent encore paraître élevés, mais ces endroits sont très pratiques pour les livres qui coûtent à la base entre 40 et 50€. On peut les trouver avec un rabais de 10 à 30%. S’ils sont en vitrine, demandez à un vendeur si vous pouvez voir celui que vous convoitez. Cela n’engage pas à l’achat.

– Sur la toile : on trouve de tout et de rien, mais aussi de petites perles. Contrairement aux librairies indépendantes, vous aurez un rabais de 5% sur les livres neufs dans les magasins en ligne. Trop peu encore pour vous permettre de faire le saut. Alors, il faut apprendre à repérer les bonnes occasions, faire des comparatifs de prix par rapport au prix neuf mais aussi entre les annonces et les descriptifs. Car il n’existe pas UN modèle de la Pléiade mais bien PLUSIEURS éditions.

Pour les sites d’achat, j’ai une nette préférence pour Priceminister qui permet de communiquer directement avec le vendeur.

Règle n°4 : Achetons d’occasion

L’occasion peut rebuter beaucoup de gens alors qu’il s’agit là d’une ouverture vers la concurrence des prix et pour une fois, ça tourne en faveur du client ! Mais attention aux pièges de l’occasion : vous trouvez plusieurs dizaines d’annonces différentes aussi bien dans la description du produit que dans l’année d’édition. Les premières Pléiades éditées sont les moins chers mais aussi ceux qui auront le plus vécu.

    • La Pléiade vendue avec jaquette et parfois avec rhodoïd : il n’y a pas de carton d’emballage et la jaquette recouvre le volume. Certains vendeurs ont gardé le rhodoïd (le plastique protecteur autour du livre qui évite l’usure), d’autres non. Il s’agit de très vieilles éditions de la Pléiade. Pensez à bien vérifier l’état du livre et n’hésitez pas à poser des questions dessus si vous le pouvez.

 

  • La Pléiade vendue avec jaquette, rhodoïd et carton d’emballage : attention, le carton n’est pas illustré puisque la jaquette présente le livre. Bien souvent, le carton a pris un coup de vieux ou un coup tout court. Posez la question au vendeur. Les pages du livre sont mieux conservées.

 

 

  • La Pléiade uniquement avec rhodoïd : sur le web, difficile d’évaluer l’âge du livre. Cherchez l’année d’édition ou d’impression si vous voulez un livre qui sente le frais et qui ne soit pas tâché. Attention aussi à l’état du dit rhodoïd.

 

 

  • La Pléiade avec rhodoïd et carton d’emballage illustré : il fait partie des nouvelles éditions. D’occasion, ce sont les plus chères car les plus jeunes et normalement les mieux conservées. Il arrive de trouver d’excellents prix tout simplement parce que le vendeur n’arrive pas à s’en débarrasser. Ouvrez l’œil et le bon !

 

 

  • La Pléiade tout nue : le moins cher (aux alentours de 15€ généralement) mais aussi le moins bien conservé. Ayant testé une fois cette alternative, je vous la déconseille à moins d’être en face du vendeur en brocante pour lui poser des questions et pour observer, toucher et sentir. Soyez exigeants, c’est un livre de qualité pas un simple livre de poche !

 

Règle n°5 : Faire le tri parmi les titres de la collection

Une couleur, un siècle.

Vous êtes fascinés par plusieurs auteurs en même temps. Au bout de deux pléiades, vous trouvez cela si simple que vous ne faites plus attention. Restez vigilants et ne faites pas d’achat inutile. Connectez-vous sur la fiche wikipédia ou sur l’un des sites de la Pléiade pour connaître le catalogue et le contenu de chaque volume. Faites votre liste et allez-y au coup de cœur. Peut-être que vous remarquerez qu’aucun livre ne vous intéresse réellement.

« Je n’aime pas les Pléiades », mais vous êtes intéressés par le principe d’anthologie

La collection Bouquins d’Albin Michel a été souvent baptisées la Pléiade pour les pauvres. Certains livres proposent même une version bilingue. La Pochothèque du Livre de poche suit le même principe mais est plus petite. Les Éditions Omnibus propose aussi ce genre de produits. A vous de comparer et de faire votre choix !

Les prix tournent autour des 25-30€, mais attention, la qualité n’est pas la même : le livre est complètement souple, la taille est imposante, etc. Remarque intéressante : la Pochothèque vous propose un étui qui permet de faire tenir le livre debout sans problème.

A vous de jouer maintenant !

Crédits : Les images proviennent de wikipédia.org.

2 commentaires sur “Les Pléiades sont aussi pour le peuple

  1. La Pléiade, c'est quand même l'une des rares (si ce n'est l'unique) collections où j'ai repéré aucune faute. Ou peut-être une, mais dans un bouquin aussi gros c'est insignifiant.J'ai que deux bouquins de cette collection pour l'instant, un sur Jane Austen (terminé) et un sur Albert Camus (pas encore commencé). Je fais vraiment très attention de pas les abîmer: ils restent chez moi et personne a le droit d'y toucher.

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  2. Naëlle >> J'ai repéré une seule faute depuis que j'en ai et c'est dans le début de l'Iliade (je crois que c'est le chant II ou III), mais oui ils sont vraiment irréprochables sur l'orthographe.J'espère que dans dix ans, quand l'e-book sera bien installé, que cette collection ne mourra pas pour autant.

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