La Joueuse de go de Shan Sa

Autour d’une table de jeu, le silence règne et la concentration est forte. Autour de cette table de go, le paradis d’une jeune chinoise et d’un officier japonais peut naître d’un simple besoin de connaître l’autre.

Petite excursion du côté de la Chine, après un long voyage au Japon, aux côtés de Shan Sa qui vit à Paris et écrit en français depuis son exil forcé. La Joueuse de go est un roman où l’histoire d’amour principale est fondée sur le désir de l’autre, sur la séduction et l’harmonie parfaite des âmes. La découverte de l’amour pour la jeune fille et le côtoiement de la mort pour la jeune homme ne sont que des aléas de la vie qui les éloignent l’un de l’autre pour ensuite les réunir à jamais.

Titre : La Joueuse de go (ISBN : 9782070424191)
Auteur : Shan Sa

Nombre de chapitres : 92
Nombre de pages : 326

Personnages principaux : le Japonais, la Joueuse de Go, Min, Jing, Huong, le capitaine Nakamura.

Résumé

La narratrice, du haut de ses seize ans, est une grande joueuse de go et depuis qu’elle a gagné le tournoi à la place de son cousin malade, les hommes de la place des Mille Vents la respectent. Elle y va tous les jours et fête sa centième victoire à l’ouverture du roman. Le Japonais de son côté annonce son départ pour la Mandchourie à sa famille. Leurs destins sont liés le jour où ils se rencontrent sur cette place.
Avant d’y arriver, la Chinoise fera la découverte de l’amour et de ses plaisirs avec un jeune étudiant, Min. Ce dernier lui a été présenté par Jing, autre étudiant qui la sauve durant l’assaut de l’armée contre l’Union de la Résistance. Sa maison est leur repère. Min lui promet de l’épouser après la guerre. De son côté, le Japonais débarque en Chine durant l’hiver et enchaîne les champs de bataille où il côtoie la mort en permanence. Cela le stimule car de toute façon, les enfants et les soldats sont élevés dans la violence. Quand il arrive au village de la Chinoise, le capitaine Nakamura lui offre un déguisement : il doit trouver les espions chinois. Ça tombe bien, le Japonais sait parler le pékinois. Il pourra se fondre dans la foule en disant être un étudiant chinois parti au Japon pour étudier. Cette couverture ne lui servira jamais.

Au moins un jour par semaine, la Chinoise et le Japonais s’installent à une table de jeu et continuent leur partie qu’ils ont commencé le jour de leur rencontre. Ils ne se parlent jamais : lui a du mal à comprendre comment une femme peut jouer au go et s’habiller si légèrement, elle pense à tous ses problèmes familiaux et aux tensions qu’il y a entre Min et Jing.
Le village est secoué par des attentats et le repaire de la Résistance finit par être découverts. Min est exécuté aux côtés d’une étudiante au service de sa famille, qui était sa véritable amante. La Chinoise apprend qu’elle est enceinte, consulte un docteur avec son amie Huong et boit une tisane pour tuer l’enfant. On ne sait pas si elle réussira vu qu’elle perd encore du sang à sa mort. La relation entre le Japonais et cette joueuse de go s’intensifie depuis la mort de Min, mais c’est toujours dans le silence qu’ils communiquent. Le bruit des pions sur le damier et la rapidité de leurs coups trahissent leurs humeurs. Un jour, ils vont sur la colline où Min a embrassé la Chinoise pour la première fois. Elle veut juste dormir parce que les spasmes dans son ventre lui provoquent des insomnies. Lui ressent une attirance de plus en plus forte pour elle mais se contente de la border comme une enfant. Il regrette de ne s’arrêter qu’à ça.
Jing a été relâché parce qu’il a vendu ses frères. La jeune narratrice veut éviter l’humiliation pour sa famille et quitter son village pour Pékin. Jing le lui propose mais elle veut partir avec le Japonais. Elle sait qu’il n’est pas ce qu’il prétend être mais elle se sent en confiance. Il refuse et leurs chemins se séparent. Jing tyrannise la jeune femme pendant leur exode : tout le monde doit fuir Pékin, les Japonais ont l’intention de la prendre d’assaut. Sur la route, elle réussit à s’enfuir en coupant court ses longs cheveux et en se déguisant en garçon.
Le Japonais et la Chinoise se retrouve dans un village abandonné. Des bombes ont blessé le bras de la jeune fille et les soldats qui l’ont capturée veulent profiter d’elle. Le Japonais pointe son arme sur le front du lieutenant et celui-ci lui cède la fille pensant qu’il veut en profiter avant les autres. Elle veut qu’il la tue, elle ne le reconnaît pas jusqu’au dernier moment. Il tire une balle dans sa tempe, une balle dans sa bouche et les voilà partis pour le paradis. Ils joueront éternellement au go et seront à jamais ensemble.

Mon avis

Un récit qui peut devenir monotone à cause de l’alternance des deux points de vue à intervalle régulier, mais il ne manque pas de rebondissement. Il est parfait pour faire la transition entre littérature japonaise et littérature chinoise puisqu’on a les pensées des deux cultures. J’aime beaucoup la fin parce qu’elle est le paroxysme de leur amour et leur histoire ne pouvait malheureusement que finir ainsi. Leur amour paraît encore plus fort que toutes les aventures qu’ils ont pu avoir durant le roman. Un petit bémol tout de même : on sent bien que le Japonais s’attache à la jeune fille mais l’inverse n’est pas si évident.
L’écriture est fluide mais je n’y ai pas trouvé encore de codes particuliers. J’attends donc de lire le dernier roman de l’auteur pour en parler. Sinon, les personnages sont vivants, il n’y a que dans les parties de go que le temps semble s’arrêter et c’est justement ce que veut l’auteur.

En conclusion, un roman à lire pour se détendre et découvrir des cultures et une période de l’histoire, mais le public est vraiment ciblé. De là à gagner le prix Goncourt, je ne sais pas. Je vois plus ce prix comme une volonté d’honorer toute son œuvre et son implication en Chine. En tout cas, ce choix m’étonne peu des lycéens, l’histoire était faite pour eux !
Ne vous attendez pas à lire un roman sentimental comme peu le supposer la quatrième de couverture.

Note :

Les commentaires sont fermés.

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :