Le Poids des secrets d’Aki Shamazaki

Saviez-vous qu’il faut parler « des bombes atomiques » et non de « la bombe atomique » ?

Dans le cadre challenge In the mood of Japan, je vous présente la pentalogie Le Poids des secrets d’Aki Shimazaki. On s’éloigne du fantastique le temps d’un billet pour se plonger dans les secrets de famille les plus redoutables : les liens du sang. Pourquoi Yukiko a-t-elle commis l’irréparable ? Est-ce que Yukio l’aimera toujours quand il apprendra leur lien ? Qui est vraiment Mariko ? Comment Kenji a-t-il accepté Mariko et Yukio ? Toutes ces questions tournent autour des petits-enfants de cette famille.

Des romans qu’on pourrait assimiler au récit vu leur longueur frais et poignants. Les problèmes tournent autour du désir, de l’amitié et de la famille. Un très bon cycle pour apprendre ce qui s’est passé durant le tremblement de terre du Kanto et durant la Seconde Guerre mondiale. Attention, les résumés ne peuvent pas se lire séparément : il s’agit bien là de romans et non de nouvelles.

Titre : Le Poids des secrets (ISBN : 9782742790319)
Auteur : Aki Shimazaki

Nombre de tomes : 5
Nombre de pages par tome : entre 100 et 130.

https://i0.wp.com/a7.idata.over-blog.com/200x200/1/83/30/54/Logos/challenge-In-the-mood-for-Japan.jpg

Résumé

Tsubaki :
La narratrice, Namiko, enterre sa mère alors avait échappé à la bombe atomique de Nagasaki.
Elle profite d’une lettre donnée par l’avocat chargé du testament pour découvrir le vrai passé de Yukiko, sa mère. Peu avant sa disparition, elle commençait à converser avec son petit-fils sur l’impact des bombes atomiques sur le Japon. Tout le monde connaît celle d’Hiroshima mais on se rappelle moins de celle de Nagasaki. L’enfance et l’adolescence de Yukiko sont narrées par elle-même dans une lettre posthume. On apprend qu’elle a tué son père, le jour de l’envoi de la bombe, pour l’avoir humiliée : elle est tombée amoureuse de son demi-frère Yukio… Une deuxième lettre a été remise à Namiko, elle est destinée à Yukio, vivant au Japon, qui attend toujours le retour de la jeune étudiante, partie au Canada avec son mari. La fin du roman fait entrer ce nouvel oncle de la narratrice dans l’histoire.

Hamaguri :
A son tour, Yukio raconte sa version des faits sur sa relation avec Yukiko, ses pères, sa mère et sa vie à Nagasaki. Tout est lié aux coquillages reliés que lui a donné sa demi-sœur quand ils étaient jeunes : des Hamaguri. Yukio est un garçon sensible et ne se fait aucun ami. Alors que l’histoire de Yukiko parlait des classes moyennes, celle de Yukio raconte la vie d’orphelins et de rejetés de la société. Même si la pudeur japonaise se ressent, il y a une scène cocasse sur les parents de Yukio.
Après la bombe atomique, sa famille reste dans la région de Nagasaki et il ne peut rejoindre Tokyo que pour ses études supérieures. A cinquante ans, il aime toujours passionnément sa demi-sœur mais s’est marié. Il montre des photos de Yukiko et de lui bébés. Sa mère découvre les hamaguri et tombe dans le coma. Elle aime tant son fils qu’elle inscrit à son tour quelque chose à l’intérieur à son attention…

Tsubame :
Au milieu de l’histoire, nous apprenons que la narratrice Yohni Kim est la mère de Yukio. Avant cela, on se laisse facilement transporter par la vie recluse d’une mère coréenne et de sa fille en territoire japonais. Yohni perd sa mère et son oncle le lendemain du tremblement de terre du Kanto. Elle devient alors Mariko Kanzanama et est recueillie par un prêtre étranger dans une église. Sa vie déjà décrite dans les précédents volumes prend peu de place et nous pouvons nous laisser transporter par les souvenirs d’une grand-mère déchirée qui a perdu son identité.

Wasurenagusa :
Kenji Takahashi est le père adoptif de Yukio, mais ce qu’il ne sait pas c’est que lui aussi a été adopté. Parallèlement à l’histoire de sa femme Mariko, Kenji raconte son enfance et ses choix de vie pour échapper aux griffes de son illustre famille et surtout celles de sa mère. Il est élevé pendant un an par Sono, une nurse recommandée par le doyen du temple S. où sont enterrés les ancêtres de la famille Takahshi. Après son divorce et son déménagement, il tombe follement amoureux de Mariko. Tous deux travaillent à l’église : lui bénévolement et elle comme couturière. Après la demande en mariage acceptée, le couple passe du temps ensemble avec Yukio. Leur bonheur est tel que Kenji pense que sa fiancée et lui forment un couple d’hamaguri. Malgré le refus de sa famille, il se marie avec Mariko et décide de partir à Nagasaki. C’est seulement très vieux qu’il apprend que sa nurse, qu’il aimait tant et qu’il revoyait peu, était sa mère. Kenji peut enfin réconforter sa femme en lui avouant : « Je suis aussi d’origine douteuse ».

Hotaru :
Tsubaki écoute l’histoire de sa grand-mère Mariko. Cette dernière ne veut pas qu’elle sorte avec son professeur. Dans Tsubame, son histoire à Nagasaki avec son mari avait été occultée. C’est le moment pour elle de se dévoiler et d’inclure un nouveau coup de théâtre : elle a voulu aussi assassiner son amant avec du cyanure de potassium. Mariko était une jeune fille sans défense qui a dû subir l’oppression d’un des pharmacologues et Kenji a été son issue de secours. Elle passe de soumission à la haine et a peur que son mari ne l’attende pas de l’autre côté. C’est finalement le cœur léger que Tsubaki quitte la demeure familiale en oubliant son professeur et en rêvant de son grand-père, chapeau de paille sur la tête.

Mon avis

Liens entre le tome 1 et le tome 2 : des incohérences chronologiques mais on peut mettre ça sur le compte du souvenir. Même si généralement on relit la même histoire, quelques passages sont ajoutés ou détaillent ceux déjà présents. le tome 2 est beaucoup plus sensible que le tome 1 et on y entre facilement.

Liens entre le tome 3 et 4 : la lecture des deux volumes est plus facile et moins rébarbative que celles des volumes 1 et 2. Le rapport entre les deux est l’adoption et les « origines douteuses » des personnages. Si on relit les quatre tomes, on se rend compte que cette famille n’a pas de chance…

Liens entre le tome 4 et le reste : le dernier tome me semble le plus abouti et boucle l’intrigue en revenant à Yukiko par le biais du récit de Mariko. Le choix de faire mourir Mariko dans le tome 3 et non le tome 5 prouve qu’Aki Shimazaki veut faire ressortir l’espoir et non la mort.

Tsubame est mon volume préféré parce qu’il est profondément humain et sensible. Les secrets de famille ébranlent les esprits mais tout reste poétique malgré les grands événements dévastateurs. Wasuranagusa est aussi un très beau texte mais moins que Tsubame.

Note de l’ensemble :

Un commentaire sur “Le Poids des secrets d’Aki Shamazaki

  1. Il faudrait peut-être avertir que les résumés peuvent contenir des spoilers, non? J'ai seulement lu Tsubaki et lorsque je me suis mise à lire le résumé ci-haut, je me suis rendu compte qu'il y avait des détails que quelqu'un n'ayant pas lu le livre n'aurait peut-être pas aimé lire.

    J'aime

Les commentaires sont fermés.

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :